Bars en Trans 2015 | De belles découvertes québécoises pour les Français


Dimanche, 6 décembre 2015 09h47 par Sorstu.ca

Pendant trois jours, la ville de Rennes (en Bretagne) a vécu la folie et l’effervescence des Bars en Trans. Plus de quarante concerts étaient donnés dans une dizaine de bars de la ville. Chaque année, le festival invite un pays à présenter des artistes de sa scène locale, et il faut croire que le hasard a bien fait les choses puisque le Québec était l’hôte pour cette édition 2015.


Jour 1 – Une première journée à la saveur québécoise 








Rien de tel que de commencer un festival à Rennes le jeudi soir, journée des soirées étudiantes.


Dès l’après-midi, quelques concerts gratuits avaient lieu un peu partout en ville (dans le cadre des TransMusicales), et c’est le groupe suisse Klaus Johann Grobe qui attirait l’attention. En particulier parce que le band chante en allemand, et qu’il réussit à faire sonner la langue de Goethe comme peu arrivent à le faire aujourd’hui.


Outre « l’exotisme » du groupe, le trio clavier-basse-batterie a offert une jolie prestation d’une heure. Dans la chaleur étouffante de l’Ubu (la salle de concert est très mal agencée), les trois musiciens ont partagé leur musique bien inspirée du kraut, du funk, et de la pop. Dansant et rythmé, le set permit aux Suisses de se classer dans les belles découvertes de cette édition 2015.


Quelques rues plus loin, la soirée spéciale Québec ouvrait ses portes. Trois groupes de la scène locale se sont dont succédés devant un parterre presque exclusivement composé de professionnels cherchant à découvrir de nouveaux talents.


C’est le jeune Elliot Maginot qui débutait la soirée. Malgré l’horaire du show (qui commençait à 19h30) et le fait qu’il soit seul sur scène, Elliot Maginot a su envoûter le public. Ses compositions pop-folk envoûtantes et sa voix haut-perchée ont conquis la salle. Nul doute qu’on reparlera de lui dans l’hexagone.


BarsenTrans-ElliotMaginot (25)


Suivait alors Jesse Mac Cormack, un autre artiste prometteur de la scène québécoise. Seul sur scène lui aussi, il a commencé son set doucement pour accroître l’intensité petit à petit. Le concert commençait à être de plus en plus rock et attirait graduellement l’oreille, mais sans explication, l’artiste a quitté la scène après seulement 30 minutes de set. Une petite déception qui a empêché au public de voir l’étendue de la palette de l’artiste.


Après une longue attente, c’est le groupe underground Avec le Soleil Sortant de Sa Bouche qui a pris possession de la scène. Pendant plus d’une heure, ce superband a donné un concert assez fou, pendant lequel la salle s’est mise à danser frénétiquement. Si un des membres prétend que la musique du groupe est pop, on pourrait plutôt la définir comme son antithèse. Des inspirations multiples sur des chansons longues de 17 minutes avec pour unique parole des cris poussés par le band, voilà ce qui pourrait définir un peu ce que fait ALSSDSB. Les très bons musiciens ont permis au public d’entrer dans une sorte de transe. Reste que le groupe se dédie à un public averti et attentif, et n’est donc pas toujours facile d’accès.


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Jour  2 – L’amour à l’honneur


Ce vendredi, les lumières de Noël illuminent Rennes, et beaucoup de monde est encore présent dans cette ville étudiante qui habituellement se vide le week-end. Les choix de concert pour cette soirée sont encore une fois nombreux, mais un artiste québécois s’est glissé dans la programmation : Philémon Cimon.







Dans un très petit bar d’une rue animée de Rennes, l’artiste et ses deux musiciens venaient faire découvrir leur pop imagée au public rennais. Peu de temps après leur arrivée en France, le décalage horaire n’a pas semblé affecter le groupe qui prenait du plaisir sur scène. Philémon Cimon a pioché dans ses différents albums pour proposer un set charmant et captivant. La voix aigüe du chanteur, si particulière, n’en a pas moins séduit le public.


Si l’amour a été le thème central de ce petit concert, l’artiste a souhaité partager Des morts et des autos, le dernier titre de son 3e album, inspiré des narco-corridos (ces chansons à la gloire des narco-trafiquants très populaires au Mexique). Après ce concert très séduisant, on se dit que l’on entendra très probablement parler de Philémon Cimon bien plus souvent en France.


Nicolas Michaux, le deuxième artiste de la soirée avait également de quoi attirer l’attention. Ce Bruxellois a sorti son premier EP à la mi-octobre et à son écoute, on a déjà envie d’en entendre plus. Accompagné de son band : un guitariste, un bassiste et un batteur, Nicolas Michaux n’a pas laissé douter de son talent. L’énergie du groupe et le virtuosité des musiciens (en particulier le guitariste) ont fait passer le concert à une vitesse impressionnante.


Les morceaux, ayant aussi pour thème principal l’amour, ont alterné avec des reprises de George Harrison ou de The Velvet Underground. Pour ce qui est du chanteur, sa voix fait parfois penser à celle de François & The Atlas Mountains. Une prestation très prometteuse, il ne manque plus qu’un premier album.


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Jour 3 – Ambiance 80’s 


Samedi soir, la fatigue des festivaliers commençait à se faire ressentir. Il n’empêche qu’une véritable cohue avait envahi la ville de Rennes et les places pour rentrer dans les bars où avaient lieu les concerts valaient cher.







Pour cette dernière soirée, le label français Entreprise était à l’honneur au Backstage, un bar assez chic du centre-ville. Et pour l’occasion, deux très jeunes groupes furent mis en avant : Fishbach et Paupière.


La Française Flora Fishbach débutait les festivités de cette dernière soirée, seule sur la scène minuscule du petit bar. Venant tout juste de sortir son EP, ce fût pour beaucoup une belle découverte.


Fishbach fait en effet dans de la pop francophone très inspirée des années 1980, très sombre aussi. Si pour le moment, elle n’a pas de musiciens avec elle (est-ce un choix ?), la jeune artiste a su convaincre le public. Tout le long du set, elle semblait imprégnée par ses morceaux. Le plus impressionnant chez la chanteuse est sans doute sa voix grave très troublante, que l’on pourrait croire masculine au premier abord. On espère bien la retrouver prochainement pour de nouveaux concerts.


Pour continuer cette soirée très années 1980, c’est le nouveau groupe montréalais Paupière qui est venu pour son premier concert en France. Pierre-Luc, Julia et Eliane, tous les trois au synthé, tous les trois au chant, sont arrivés à moitié habillés sur scène ! Il faut dire que le groupe semble aimer jouer sur son côté sexy, ce qui s’accorde plutôt bien avec sa musique synth-pop.


Si le trio était enthousiaste et énergique, il a vite déchanté à cause de problèmes de son. Pour un premier concert, les conditions n’étaient pas au mieux, et malheureusement les trois membres ont tout essayé pour pallier au problème même si l’énervement se faisait ressentir chez eux. Néanmoins, Paupière est un groupe prometteur, et a quand même réussi à attiser la curiosité du public.


L’édition 2015 des Bars en Trans a donc à nouveau réussi son pari puisque les découvertes musicales furent nombreuses. Les Rennais attendent déjà de retrouver le festival l’année prochaine.


Source: Sorstu.ca