Bluesfest d'Ottawa 2013 - Jour 4 | Fun., Wu Tang Clan, Tegan and Sara, The Joy Formidable


Dimanche, 7 juillet 2013 23h50 par Sorstu.ca

Dimanche, le Bluesfest d’Ottawa connaissait sa journée la plus hétéroclite à date, avec la présence de Fun. en tête d’affiche, après une prestation de Tegan and Sara, du Wu Tang Clan (suivi d’une coqueluche teen-country-pop) et du groupe gallois The Joy Formidable. De quoi plaire et déplaire à tout le monde au cours d’une seule et même soirée…


Fun terminait la soirée, donc, dans la joie et l’allégresse qui les caractérise.


Photo par Greg Matthews.

Fun. Photo par Greg Matthews.


D’abord en smoking (et noeud papillon) pour Some Nights (intro), le trio (appuyé par trois autres musiciens) s’est vite mis à l’aise pour virer les Plaines Lebreton sens dessus dessous.


Si le rock’n'roll a toujours carburé au machisme, Fun s’amuse à ignorer cette convention. Davantage sur scène que sur disque, on remarque facilement que leurs influences proviennent beaucoup plus de Queen et des boys band que de Zeppelin et des Stones (à qui ils empruntent toutefois You Can’t Always Get What You Want, sous une pluie de confettis).


Le chanteur Nate Ruess gambade joyeusement tout au long de la soirée et s’époumone à chanter sa pop exubérante de sa voix claire et souvent affectée. Jamais une fausse note, par contre. Le guitariste Jack Antonoff, lui, multiplie les petites poses à la NSYNC dans son petit kit leggings/shorts courtes en jeans avec bords roulés/gaminet mauve-rose. Jamais une fausse note non plus.


Pour tout ce qu’on peut leur reprocher (le tape-à-l’oeil, la simplicité de leurs textes, l’emploi de l’Auto-Tune), il faut tout de même admettre qu’ils ont pris du galon, les gars de Fun et qu’ils se sont distancés de la malédiction du one-hit wonder. Tout à fait aptes à captiver une foule immense (elle l’était dimanche soir) et faire office de tête d’affiche, ils rendent bien ce qu’ils font. À prendre ou à laisser.


Il faudrait toutefois les avertir que We Are Young ne doit pas être jouée avant la fin, à moins que leur intention était de désengorger le site graduellement, ce qui est justement arrivé. Plusieurs centaines de personnes ont quitté à ce moment-là, plusieurs minutes avant le rappel.


Une autre partie de la foule a pris la poudre d’escampette après Some Nights au début du rappel : pour eux, Fun. n’est pas un one-hit wonder… car ils ont deux hits. Ils se seront évités une bonne partie du trafic et l’insupportable et interminable Stars (c’était ici l’Auto-tune).


Photo par GjM Photography.

Tegan and Sara. Photo par GjM Photography.


Juste avant Fun., Tegan and Sara a bien mis la foule en contexte avec son indie-rock devenu vachement pop récemment. Avec la dégaine qu’on leur connaît, les deux soeurs Quinn et leurs musiciens ont livré une prestation solide du début à la fin.


Tegan and Sara ont pigé dans les titres du nouvel album Heartthrob, dont Closer, Drove Me Wild et Now I’m All Messed Up, mais aussi certains « classiques » des albums précédents comme l’incontournable Living Room, ou encore Walking With A Ghost, Arrow (dédiée à leurs amis de Fun.), The Con et Feel It In My Bones (chanson que les soeurs ont enregistrée avec Tiesto).


Le duo est en plein contrôle de son spectacle, multipliant les interventions drôles et décontractées, souvent « flirt » envers Ottawa. Très bon concert.


 


Wu Tang Clan et Joy Formidable


Plus tôt en soirée – beaucoup trop tôt pour ce genre de concert, en fait – c’était au tour du Wu Tang Clan de faire lever le party.


GjM Photography

Wu Tang Clan. Photo par GjM Photography.


Oui oui, le Wu Tang Clan au complet, du moins ce qu’il en reste : RZA, GZA, Method Man, Raekwon, Ghostface Killah, Inspectah Deck, U-God, Masta Killa et Mathematics aux platines. Ol’ Dirty Bastard ne pouvait évidemment pas y être – il s’en roule quelques-uns avec Dieu le Père – mais son fantôme était constamment évoquée par ses potes.


La joyeuse ribambelle du East Coast rap était bien réunie, donc, à l’occasion du 20e anniversaire du classique Enter the Wu-Tang (36 Chambers), classique du rap s’il en est un.


Les fans de la première en ont eu pour leur argent avec des classiques comme Bring Da Rackus, Ain’t Nothin’ Ta Fuck Wit, C.R.E.A.M., Clan in Da Front et autres, alors que les néophytes ont eu droit à un petit cours de hip-hop old school 101 : comment faire un W dans les airs, comment battre la main dans les airs, comment brandir son doigt d’honneur et même comment faire un moshpit.


GjM Photography

Method Man. Photo par GjM Photography


Brouillonne au départ (terrible sono d’ailleurs), la prestation a vraiment décollé lorsque chacun des membres a proposé une chanson de son projet respectif : Raekwon avec Incarcerated Scarfaces et Ice Cream, Ghostface Killah avec Winter Warz , GZA avec Liquid Swords, Duel of the Iron Mic (avec RZA) et 4th Chamber.


La bande a trouvé une façon ingénieuse (et vieille comme la Terre) de convaincre Ottawa de se dégourdir et de faire faiiiiire duuuuu bruuiiiiiiiiit : énoncer la possibilité que la foule de « Kwebec City » soit plus de party que la « vraie » capitale. Ouch.


Pour ceux qui se le demandent : oui, Method Man a fumé du weed sur la scène. Tout au long du show. En plus de faire deux visites dans la foule en body-surfing.


GjM Photography

Ritzy Bryan, de The Joy Formidable. Photo par GjM Photography


Le plus grand clash de la soirée est ensuite survenu alors que sur cette même scène, 15 minutes après la prestation totalement gangsta du collectif, s’est installé la coqueluche du country-pop pour ado Hunter Hayes. Changement de garde total. Pour toute personne de plus de 16 ans, c’était le moment tout indiqué pour aller souper.


Plus tôt, vers 17h, l’énergique trio gallois The Joy Formidable avait le malheur de jouer sous la pluie.  La pétillante chanteuse Ritzy Bryan n’allait pas abandonner si facilement : véritable petite boule d’énergie, elle traversait la scène à la course, guitare à la main, dès qu’il ne chantait plus.


L’indie-pop de The Joy Formidable prend véritablement tout son sens sur scène : la guitare et la basse sont mordantes, la batterie légèrement accélérée et surtout, très prompte.


Ça rappelle un peu Metric en début de carrière. Espérons que The Joy Formidable ait la bonne idée de ne pas s’enliser vers de la pop formatée comme celle d’Emily Haines et ses comparses…


Seul bémol à la prestation : sa durée. Quarante minutes ?  On en aurait pris davantage.


Photos en vrac

par Greg Matthews


Fun




Wu Tang Clan



The Joy Formidable







Grilles de chansons


Fun.


Some Nights (intro)

One foot

At Least I’m Not As Sad (As I Used to Be)

All Alone

Walking the Dog

Why Am I The One

All The Pretty Girls

It Gets Better

Barlights

Carry On

The Gambler

You Can’t Always Get What You Want (reprise des Rolling Stones)

We Are Young

Take Your Time (Coming Home)


Rappel

Some Nights

Stars


Tegan and Sara


Drove Me Wild

Goodbye, Goodbye

Back In Your Head

The Con

Walking With A Ghost

Alligator

I Couldn’t Be Your Friend

I Was A Fool

Now I’m All Messed Up

Where Does the Good Go

Living Room

Call It Off

Arrow

Shock To Your System

How Come You Don’t Want Me

Feel it in My Bones (reprise de Tiesto)

Closer


 


Wu Tang Clan


Da Mystery of Chessboxin’

Bring da Ruckus

Shame on a Nigga

Clan in da Front

Wu-Tang: 7th Chamber

Ain’t Nothin’ Ta Fuck Wit

C.R.E.A.M.

Method Man

Tearz

Incarcerated Scarfaces (Raekwon)

Ice Cream (Raekwon)

Winter Warz (Ghostface Killah)

Shimmy Shimmy Ya (hommage à Ol’ Dirty Bastard)

Liquid Swords (GZA)

Duel of the Iron Mic (GZA et RZA)

4th Chamber (GZA)

Come Together (des Beatles)

Gravel Pit

Triumph

Reunited





Source: Sorstu.ca