C’est presque le temps de se remplir les narines de l’odeur de tourtière du nouvel An et de se faire engourdir les oreilles de cuillères à bois jouées par son petit cousin au réveillon familial. Si jamais ça devenait à un tel point insupportable, il suffit de se glisser discrètement un écouteur à l’oreille et écouter les dix meilleurs albums locaux de l’année selon l’équipe de rédaction de Sors-tu.ca !
Méthodologie pour les puristes : les 20 positions ci-bas proviennent d’un processus vraiment full scientifique, où on a demandé à près de 20 collaborateurs de Sors-tu.ca de nous soumettre leurs suggestions, après quoi ils ont procédé à un vote parmi tous les titres recueillis. C’est donc, pour ainsi dire, la vérité infuse. Rien de moins. Allons-y.
P.P.S. : Ah oui, une dernière chose avant de débuter. Nous avons recensé ici les albums « internationaux », c’est-à-dire en provenance de l’extérieur du Québec, peu importe la langue (ou absence de) utilisée. L’idée étant que notre scène locale bénéficie d’une couverture plus en proximité que les artistes internationaux, ça mérite donc 2 palmarès distincts, à notre avis.
Le Top 10 de nos albums locaux se trouve ici, en passant…
Ok. Go.

20. Big Fish Theory par Vince Staples
Il y a chez Vince Staples quelque chose comme de la magie dans le flow. Sa façon de transformer les mots en matière sonore est sidérante. Musicalement, ce Big Fish Theory se défend parmi les plus belles productions hip-hop de notre temps, pigeant dans les sonorités propres à la techno de Détroit.
Et dire que ce n’est qu’un deuxième album pour le rappeur californien, qui n’a pas encore 25 ans…
19. Rest par Charlotte Gainsbourg
Survivre au deuil par le biais de la créativité n’a rien de bien nouveau, mais quand ça donne un résultat comme l’album Rest de Charlotte Gainsbourg, on peut dire que l’art sert bien les âmes en peine. Certes, quand Charlotte Gainsbourg a perdu sa soeur, Kate Barry, en 2013, des suites d’un suicide, l’album était déjà entamé. Mais l’orientation de celui-ci a complètement changé, et la sensibilité à fleur de peau de Charlotte transparaît tout au long de ce nouvel album.
La chanson titre demeure un des titres les plus bouleversants et touchants de l’année, alors que Deadly Valentine démontre à quel point l’héritière du grand Serge n’a rien perdu de sa superbe en terme de pop actuelle.
18. Ctrl par SZA
Étoile montante dans l’univers de la soul / R&B, SZA faisait parler d’elle depuis quelques années déjà, mais c’est seulement maintenant, à 27 ans, qu’elle lance son premier album complet. Et l’attente en aura valu la chandelle : une nouvelle icône de la néo-soul est née.
Les singles The Weekend et Love Galore (avec Travis Scott) ont connu un succès monstre sur les plateformes de streaming, mais notre préférée (et carrément l’une de nos chansons favorites de l’année) : Drew Barrymore.
17. Antisocialites par Alvvays
Alvvays avait charmé dès ses débuts avec son premier album en 2015. Mais le charme allait-t-il subsister avec ce deuxième album ? La réponse ne s’est pas fait attendre : Antisocialites regorge de mélodies dream pop irrésistibles, et de chansons à chantonner en voiture, le toit ouvert laissant pénétrer le soleil !
16. I Go Missing In My Sleep par Wilsen
Quand l’étiquette Secret City Records a annoncé l’ajout à son écurie d’une formation new-yorkaise, eux qui défendent généralement la crème de l’indie anglo-montréalaise, on s’est demandé ce que ce groupe obscur avait de si différent pour inspirer cette déviation à la règle habituelle.
Suffisait d’une écoute pour comprendre : cette troupe porte un son tout à fait à propos pour la gang Secret City. Arrangements bien ficelés, douceur, texture, rythmes entrainants, textes bien écrits, c’est de la qualité bord en bord. Rien n’est laissé au hasard, et pourtant, on sent l’interprétation à fleur de peau.
Très belle découverte.
15. Freudian par Daniel Caesar
Avertissement : l’écoute prolongée de Freudian, du jeune Torontois Daniel Caesar, pourrait mener à des rapprochements humains d’une sensualité redoutable. À écouter avec protection. #BabyMakingMusic
Montrez-moi les prochains choix :
C’est presque le temps de se remplir les narines de l’odeur de tourtière du nouvel An et de se faire engourdir les oreilles de cuillères à bois jouées par son petit cousin au réveillon familial. Si jamais ça devenait à un tel point insupportable, il suffit de se glisser discrètement un écouteur à l’oreille et écouter les dix meilleurs albums locaux de l’année selon l’équipe de rédaction de Sors-tu.ca !
14. Slowdive par Slowdive
On redoute toujours, avec raison, les retours de groupes disparus de la mappe depuis des années. Rares sont les fois où le retour donne lieu à un renouveau, tout en conservant juste ce qu’il faut de familiarité pour intéresser les fans de jadis.
La formation shoegaze Slowdive a réussi ce tour de force avec son album homonyme, un premier disque en 22 ans ! C’est à croire que la formation européenne n’a pas pris une ride.
Le premier single Star Rover est peut-être la plus explosive du lot, mais Sugar for the Pill est particulièrement réussie dans le genre dream pop. Et le vidéoclip, d’une simplicité hypnotisante, fonctionne à merveille.
13. Stranger in the Alps par Phoebe Bridgers
L’une des belles découvertes de l’année, Phoebe Bridgers a fait tourner bien des têtes vers la fin de l’été avec son excellent single Motion Sickness, l’une des chansons les plus accrocheuses de 2017.
D’autres l’avaient déjà découverte en 2014, en Shazamant une pub d’Apple sur laquelle on pouvait entendre une relecture de Gigantic des Pixies, interprétée par une blondinette d’à peine 20 ans à la guitare tonitruante. C’était elle.
Ce qui compte, c’est que l’excellent Ryan Adams l’avait découverte avant nous tous, qu’il l’a signée sur son label, et que Tony Berg et Ethan Gruska l’ont bien encadrée pour la réalisation de son premier album Stranger in the Alps, un petit bijou de folk bien fignolé avec des moments rock tempérés, de bon goût. Pas le genre de truc qui saute au cerveau comme de la pop sucrée, mais ça vaut certainement une écoute attentive.
Psst. À voir au Belmont le 27 février prochain. Profitez-en pendant qu’il est encore possible de la voir à l’oeuvre dans une si petite salle.
12. On Her Journey To The Sun par Rikard Sjöblom’s Gungfly
En douzième position, une trouvaille prog-rock de notre doyen Jean-François Tremblay, qui a mystifié tout le reste de l’équipe…
La pochette en soi est assez psychédélique, mais son contenu n’est pas du tout rétro/vintage dans son approche, flirtant plutôt avec le jazz, le folk (et les envolées) à la Jeff Buckley par moments (!), et même le rock symphonique. Le tout dans une facture plutôt moderne, inventive.
Une surprise n’attend pas l’autre. À conseiller pour les adeptes d’albums touffus, chargés et imaginatifs.
11. Evolve – Imagine Dragons
Choix controversé au sein de l’équipe, le nouvel album de Imagine Dragons a beaucoup plu à certains de nos collabos (assez pour amasser assez de points pour se faufiler au 11e rang!), et beaucoup déplu à d’autres.
Une chose est sure, le groupe ne laisse personne indifférent, et ses mélodies pop et ses refrains puissants font bon effet aux adeptes du genre.
Lancez-nous des tomates si vous voulez, mais il faut s’assumer : Sors-tu.ca contient plusieurs fans d’Imagine Dragons, et Evolve a renforcé ce sentiment.
10. Every Country’s Sun – Mogwai
Mogwai demeure encore et toujours un groupe incontournable pour les adeptes de post-rock. Ses albums se suivent et ne déçoivent jamais.
Le neuvième album du groupe écossais ne réinvente pas le son de Mogwai, loin de là, mais le groupe affine sa méthode, crée des crescendos et des dynamiques avec plus d’aisance que jamais. C’est diablement efficace dans le genre.
Hâte de voir le Top 10! Show me ! Show me !
C’est presque le temps de se remplir les narines de l’odeur de tourtière du nouvel An et de se faire engourdir les oreilles de cuillères à bois jouées par son petit cousin au réveillon familial. Si jamais ça devenait à un tel point insupportable, il suffit de se glisser discrètement un écouteur à l’oreille et écouter les dix meilleurs albums locaux de l’année selon l’équipe de rédaction de Sors-tu.ca !
9. Concrete and Gold par Foo Fighters
Autre choix controversé au sein de l’équipe, le nouvel album des Foo Fighters a des adeptes convaincus, et des détracteurs qui les perçoivent comme un groupe appartenant au passé.
Une chose est sure : Dave Grohl et sa bande ne fait pas grand cas avec l’âgisme, comme le démontrait l’hilarant vidéoclip pour la chanson Run !
Et une autre chose qui est sure : si la rumeur à l’effet que les Foo Fighters seraient en tête d’affiche d’Osheaga et/ou du Festival d’été de Québec s’avérait vraie, la moitié de notre équipe ferait des pieds et des mains pour y assister ! à suivre.
8. American Dream par LCD Soundsystem
Un autre retour qui a fonctionné à merveille ! James Murphy et sa bande nous ont émerveillé avec cet American Dream, qui fut non seulement à la hauteur des attentes, mais carrément à la hauteur de la discographie impeccable du collectif.
Le show à Laval fut aussi mémorable.
7. More Life par Drake
Bon. Après Imagine Dragons et Foo Fighters, un album de Drake dans le Top de Sors-tu.ca ? Coudonc, vous êtes bin mainstream !
Bin oui, bin oui. Attends de voir notre #1. Une SURPRISE MAJEURE (#not).
Toujours est-il que la « Playlist By October Firm » de Drake est finalement sortie en mars dernier, alors qu’on l’attendait en décembre l’an dernier. Et bien qu’on redoutait une certaine hétérogénéité (après tout, c’est un mixtape), l’album est étrangement assez cohérent et bien produit.
6. Sleep Well Beast par The National
The National poursuit dans sa tradition d’excellence, du moins sur disque. Moins… disons dramatique que les précédents, on sent chez The National une volonté d’étendre son registre, d’aller piger dans des rythmiques plus relevées, un brin moins de mélancolie qu’à l’habitude, même si la voix si caractéristique du chanteur Matt Berninger se pose avec autant de douceur la plupart du temps.
5. The Ooze par King Krule
Quel étrange et fascinant personnage, ce King Krule. Le rappeur/chanteur/on-sait-pas-trop anglais nous est arrivé cette année avec un deuxième disque à la hauteur de son excentricité, avec des moments pas évidents, mais surtout, quelques chansons carrément brillantes. Mélange de darkwave, post-punk, et de jazz, ça sonne comme rien d’autre. C’est le moins qu’on puisse dire.
Les deux meilleurs morceaux pour s’y initier : Dum Surfer et Vidual.
4. Melodrama – Lorde
Soyons francs, Lorde avait tout un défi. Donner suite à son premier album, qui a connu un succès retentissant, n’était pas chose facile, surtout pour une jeune dame à peine âgée de 20 ans.
Mais dès que la chanson Green Light est sortie, tout le monde a compris que Lorde n’était pas qu’un feu de paille. Bien au contraire, elle exerçait désormais son immense flair pour la pop grand public, avec des chansons encore plus rythmées et accrocheuses, sans perdre rien de sa superbe.
Beau coup d’Osheaga de l’avoir booké en tête d’affiche avant même la sortie de cette petite bombe pop, qui a charmé le public et a confirmé sa place parmi les plus grandes stars du moment.
Il n’en reste que 3 ! Montre-moi :
C’est presque le temps de se remplir les narines de l’odeur de tourtière du nouvel An et de se faire engourdir les oreilles de cuillères à bois jouées par son petit cousin au réveillon familial. Si jamais ça devenait à un tel point insupportable, il suffit de se glisser discrètement un écouteur à l’oreille et écouter les dix meilleurs albums locaux de l’année selon l’équipe de rédaction de Sors-tu.ca !
3. Masseduction – St. Vincent
Sans doute l’une des artistes les plus intéressantes à suivre ces dernières années, St. Vincent s’est avérée prolifique depuis ses débuts, et n’a jamais raté son coup. Avec son cinquième album (sixième si l’on compte sa collaboration avec David Byrne en 2012) en 10 ans, Annie Clark expérimente avec une approche plus pop que jamais, sans jamais perdre de vue la qualité de son songwriting, à la base de son succès.
Son intérêt pour la mode et l’esthétique à la Bowie-rencontre-les-Talking-Heads ajoute à l’univers coloré qu’elle a réussi à créer autours de son oeuvre.
On se demande encore pourquoi elle n’est pas passée par Montréal dans le cadre de sa première portion de tournée… Osheaga, peut-être ?
2. A Deeper Understanding – The War on Drugs
Après avoir abordé la dépression de façon magistrale sur Lost In The Dream en 2014, The War On Drugs rapplique avec une suite tout à fait à propos, titrée de façon appropriée A Deeper Understanding.
Musicalement aussi riche et bien produit que son prédécesseur, A Deeper Understanding brille par son émotivité brute, son authenticité, sa façon de laisser pénétrer la lumière dans une musique aussi chargée émotivement. Les sensations d’ivresse et de mélancolie se côtoient sur ce disque, encore une fois à forte teneur en influences rock des années mi-80.
Du gros calibre.
1. DAMN. – Kendrick Lamar
Oui, DAMN certain. Kendrick a réussi à égaler, sinon supplanter son brillant To Pimp A Butterfly, et la planète lui appartient. Le hip-hop a la cote plus que jamais, les années Kanye semblent chose du passé, Eminem a complètement raté son album de retour, et Kendrick est roi. Et il le sait.
Entendre une telle richesse sonore sur un album de rap, ça fait réaliser à quel point le rock n’est plus dans le coup. C’est loud, frondeur, puissant, tout en faisant preuve d’une grande intelligence. De la bombe.
Les oubliés / Victimes du processus / Ça fait mal de ne pas les inclure :
- Process de Sampha
- Lotta Sea Lice de Courtney Barnett et Kurt Vile
- The Dusk In Us de Converge
- A Crow Looked At Me de Mount Eerie
- Plunge de Fever Ray
- Crack-Up de Fleet Foxes



