Vieilles Charrues 2015 | Une édition haute en couleur (avec photos)


Mardi, 21 juillet 2015 15h28 par Sorstu.ca

Le plus gros festival de France a ouvert ses portes jeudi à Carhaix-Plouguer, petite ville perdue au fin fond de la Bretagne. Muse, The Do, The Chemical Brothers étaient quelques-uns des grands noms de cette édition 2015 qui a attiré plus de 250 000 festivaliers. 


* Rédigé en collaboration avec Mathieu Champalaune


Jour 1 – Début des festivités








Première journée de festival sans conflit d’horaires pour accueillir la tête d’affiche de cette 24e édition : Muse. Et première surprise, le beau temps et la chaleur était au rendez-vous, chose assez rare aux Vieilles Charrues.


C’est la musicienne britannique Anna Calvi qui a ouvert le bal des festivités. Souvent comparée à PJ Harvey, la guitariste a su envoûter les premiers festivaliers avec sa voix profonde et ses riffs très bien sentis. Encore peu connue du grand public, la Britannique a impressionné les spectateurs par la puissance de sa voix. De solo en solo de guitare, elle a interprété avec ses 3 musiciens la plupart des titres de son dernier album One Breath, pour un premier concert plutôt réussi.


Un cochon qui danse et fait de la cornemuse... On est bien aux <a href='https://www.billets.ca/vieilles-charrues-billets'>Vieilles Charrues</a>!

Un cochon qui danse et fait de la cornemuse… On est bien aux Vieilles Charrues!


Puis est venu le tour de Soprano, chanteur marseillais de R&B commercial, qui a présenté son spectacle Cosmopolitanie. Quatre danseurs et chanteurs accompagnaient l’artiste qui a interprété ses plus grands succès, de quoi faire plaisir à ses fans. Très engagé, Soprano n’a toutefois pas réussi à conquérir entièrement le reste du public.


Mais la tête d’affiche de la soirée, et du festival, arrivait juste après. Muse, vieil habitué des Vieilles Charrues, prenait sa revanche sur son passage en 2010 un peu gâché par les trombes d’eau qui tombaient alors. Et c’est un vrai show que le groupe britannique a donné. Les morceaux, pour la plupart issus du dernier album Drones, s’enchaînaient avec des tubes, Starlight en tête. Rythmé, impulsif, tout était là dans le set pour ravir le public. Et bien sûr Matthew Bellamy, jouant toujours au mégalo, a flirté avec la caméra tout le long du concert.


Ce fût donc une première journée plutôt agréable musicalement parlant.


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Jour 2 – Marathon de bons concerts







Sur le papier, la seconde journée du festival s’annonçait la plus belle de toutes. Et cela s’est vérifié lors des concerts.


En milieu d’après-midi, c’est le groupe de rock littéraire Feu! Chatterton qui ouvrait le bal avec une prestation de feu (sans mauvais jeu de mots). Le quintet parisien a mis la barre très haute pour le premier concert de la journée. Entre les très bons musiciens et Arthur, le chanteur au charisme assez exceptionnel, Feu! Chatterton a montré tout le bien que la scène pop française peut nous réserver aujourd’hui.


Suivait alors Pierre Lapointe. Très connu et reconnu au Québec, l’artiste l’est encore peu en France. Et autant dire qu’il a pris un pari risqué en venant sur la plus grande scène du festival, seul avec son piano pour tout un set. Il a interprété les chansons de Paris Tristesse tout en finesse avec une pointe d’humour – et de mégalomanie ! – très appréciée. Le public est resté très attentif pour écouter la poésie du seul artiste québécois de la programmation.


Changement de registre avec Caravan Palace. Le groupe français d’electro-swing est venu présenter à Carhaix son troisième album qui sortira à l’automne. Confirmant qu’ils savaient toujours mettre l’ambiance, Caravan Palace a séduit le public avec des nouveaux titres  qui annoncent une tonalité plus électro.


Zoé Colotis, la chanteuse de Caravan Palace.


Sur la scène Graal, réservée à des artistes un peu moins connus, la chanteuse et bassiste française Laëtitia Sheriff est venue présenter son rock alternatif sombre. Intéressant au début, le concert devenait lassant au fur à mesure des morceaux. Pas vraiment adapté pour un festival donc.


Parmi les grands noms des Vieilles Charrues figuraient aussi des artistes bien plus vieux dont Tom Jones. A 75 ans, le « papi » gallois de la soul a quand même montré qu’il avait de la voix et de l’énergie pour assurer le temps d’un concert. Bien sûr tout le monde attendait les tubes It’s Not Unusual ou encore Sex Bomb… Et Tom Jones a réussi à surprendre en en faisant des versions revisitées façon caribéenne… ! Il a aussi interprété des chansons plus récentes, même si c’est la nostalgie qui a primé durant le set.


Non loin de là, Salut c’est cool commençait son concert (en était-ce vraiment un ?). Le quatuor de joyeux drilles a retourné la petite scène Xavier Grall, comme à son habitude. Dans une prestation loufoque se sont succédés leurs titres déjà cultes (Techno toujours pareil, Tony Hawk, Merci Nature …).


Salut c’est cool dans toute sa splendeur


Puis Christine & The Queens est arrivée, pour la seconde année de suite aux Vieilles Charrues, mais cette fois-ci sur la grande scène. Danseurs, projections…la formule était là pour que le public apprécie le show. Chrsitine, alias Héloïse Letissier, a assuré une belle prestation. Le seul hic : son manque de matériel. Avec un seul album au compteur, difficile de faire un concert d’1h20 entièrement.


La fin de la soirée approchait et The Dø prenait place sur scène. Le duo et ses trois musiciens ont électrisé la soirée. Pas de bandes préenregistrées cette fois-ci, mais un dynamisme tout simplement impressionnant. La chanteuse Olivia Merilahti débordait d’énergie pour faire découvrir Shake Shook Shaken, le dernier album aux couleurs électro du groupe. Tout y était : la voix, la vitalité, le rythme, et les très bons musiciens. Une prestation sans faute où les corps ne pouvaient s’empêcher de danser.


Enfin, la très belle seconde journée se terminait avec le concert des Chemical Brothers, qui ont prouvé une nouvelle fois qu’ils étaient toujours au sommet. Pendant 1h30 ils ont livré un set spectaculaire où leurs tubes (Hey Boy Hey GirlGalvanize) ont côtoyé leurs nouveaux morceaux (Go, Sometines I Feel so Deserted). Belle note pour terminer cette longue journée.


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Jour 3 – Belles Surprises







La journée du vendredi débutait fort avec la venue de Tony Allen, et de deux convives de choix : Damon Albarn et Oxmo Puccino. Les musiciens hors pair étaient en parfaite fusion avec les invités du batteur nigérian. Les rythmes dansants de l’afro-beat étaient soutenus par la voix du leader de Gorillaz dans un premier temps puis par les textes forts du rappeur français. L’ensemble virtuose a apporté une dose de plaisir auditif bien apprécié au public.


Un petit détour par la scène Graal s’imposait ensuite pour voir Thylacine. Révélé lors des dernières Transmusicales de Rennes, le producteur français a déjà fait du chemin avant d’arriver aux Vieilles Charrues. Il a su conquérir le public avec un set de qualité qu’il a conclu avec son tube Sand, faisant danser le public qui l’a rejoint sur scène.


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Loïc Fleury, le chanteur d’Isaac Delusion


Puis certainement la révélation de la journée : Isaac Delusion. Un an après la sortie de leur premier album, le jeune groupe français est venu aux Vieilles Charrues jouer leurs chansons dont la douceur mélancolique a connu une belle électrisation sur scène. Portée par la voix étonnante de leur chanteur, Loic Fleury, Isaac Delusion a émerveillé le public


Suivait alors The Shoes au même endroit. Le duo d’électro-rock rémois a fait bouger le public des Vieilles Charrues avec un set très rythmé. Accompagnés de projections pour le moins étranges (où l’on voyait des poules manger des chatons !), les musiciens au look singulier ont transmis de l’énergie à un public endiablé sur des titres comme Time To Dance ou Wastin’ Time.


Benjamin Lebeau, membre de The Shoes

Benjamin Lebeau, membre de The Shoes


A l’autre bout du site, les morceaux de The Prodigy résonnaient fort. Les pionniers britanniques de la dance n’étaient pas venus pour bercer les oreilles des festivaliers. Les basses d’une puissance extrême et les cris incessants du chanteur ont retenti très fort, au point de casser la sono (sans que les musiciens ne s’en aperçoivent !). Même si l’audition des festivaliers a souffert, le spectacle valait assurément le coup par son intensité.


Enfin, Aaron James et son projet SBTRKT terminait la soirée sur une note d’électro bien appréciable. A trois sur scène seulement : un chanteur et percussionniste, un batteur, et le leader du groupe, SBTRKT (Substract pour les intimes) a emmené les festivaliers dans son univers. Malheureusement cela pêchait un peu du côté des featuring, puisqu’aucun des artistes (de qualité) avec qui SBTRKT a collaboré n’était présent. Une bonne prestation malgré tout.


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Jour 4 – Un dimanche pluvieux mais agréable





Dernière journée du festival déjà, et les choses ont repris leur place. La pluie n’a pas cessé de l’après-midi, mais pas de quoi faire peur aux festivaliers, heureusement. C’est le duo Brigitte qui ouvrait la danse, avec une belle complicité. Sylvie Hoarau et Aurélie Saada, les deux chanteuses, ont présenté autant de titres de leurs deux albums dans une ambiance tropicale, accompagnées d’un décor de palmiers derrière elles. Une belle énergie, et de beaux tubes entraînants comme Battez-vous ou Hier Encore.


Quelques minutes plus tard, Dominique A s’installait sur la scène Kerouac. Le nantais a livré une prestation majestueuse, revisitant son répertoire, en se permettant de jouer de longs titres sinueux (Le Convoi, L’Horizon) et quelques extraits de son dernier album Eleor (Au revoir mon amour, Eleor, Par le Canada…).


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La légende du folk, Joan Baez


Puis vint le tour d’un autre grand nom plus si jeune : Joan Baez. Avec les craintes que l’on peut avoir avant un concert d’un artiste de 75 ans, la chanteuse américaine a, de loin, prouvé que l’on pouvait être tout aussi talentueuse à cet âge avancé. Elle a interprété ses vieilles chansons et repioché dans les tubes de Bob Dylan et bien d’autres en toute simplicité, accompagnée de sa guitare, d’un banjo et d’une batterie. Belle authenticité et belle voix de sa part.


Un peu plus loin, les membres du groupe new-yorkais The Drums ont tenté de capter le public malgré la pluie battante. Opération plutôt réussie pour le quintet, mené par l’étrange Jonathan Pierce, qui a dansé d’une drôle de façon pendant tout le show. Les morceaux étaient agréables même si le dynamisme manquait parfois.


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L’excentrique chanteur de The Drums, Jonathan Pierce


Enfin, un autre « papi » de la soul venait faire un tour à Carhaix : Lionel Richie. Malheureusement, on ne peut pas dire que la prestation ait été à la hauteur. Entre le son très mauvais – mais qu’a fait l’ingénieur du son? – un Lionel Richie plus si dynamique et n’articulant pas un mot, ce fût la déception de la soirée. Bien dommage pour finir une édition d’une très bonne qualité.


Source: Sorstu.ca