Pendant que le country à l’américaine monopolisait les deux scènes principales du Bluesfest d’Ottawa, dimanche soir, un parcours alternatif beaucoup plus intéressant existait, heureusement. Les cowboys ontariens ne savent pas ce qu’ils ont manqué…
Pour ceux qui ont horreur du country, la programmation du premier dimanche du Bluesfest ne paraissait pas très attrayante au premier coup d’oeil : Lady Antebellum en tête d’affiche, ainsi que Tom Hicks, Drive By Truckers, David Nail et Sam Hunt.
Mais en marge de tout cela, il y avait quand même Vintage Trouble, qui venait faire son tour pour la deuxième fois en autant de jours, cette fois sur la scène River. Captivante prestation du groupe californien mené par Ty Taylor.
Bien qu’ils ne jouaient pas devant autant de gens qu’au Festival de Jazz de Montréal plus tôt dans la semaine, Vintage Trouble a su transformer une foule de curieux en nouveaux fans de VT. Taylor a mis la foule dans sa petite poche d’en arrière avec son charisme fou et sa grande chaleur humaine. Une fois de plus, il a quitté la scène pour aller rejoindre les gens au beau milieu de Run Like The River, pour aller grimper dans la tour d’éclairage et chanter le refrain tel un preacher au sommet de sa tour.

Vintage Trouble – Photo par GjM Photography
Mac Demarco
Puis, Mac Demarco et ses musiciens ont investi cette même scène, vers 19h30.
Un spectacle de Demarco s’apprécie toujours mieux en salle, avec une foule d’initiés. Le petit côté cabotin du groupe et les chansons lo-fi Pavementesques de la bande ne séduisent pas nécessairement à la première écoute.
Après avoir fait fuir les ignobles festivaliers à chaises pliantes par les simples notes de ses premières chansons, Mac Demarco a su rallier les auditeurs plus tenaces avec des titres tels Ode to Viceroy, Brother, I’m a Man et Rock and Roll Night Club, avant de conclure avec Chamber of Reflection et de faire du crowdsurfing sur la balade Still Together. Inspirant.

Mac DeMarco – Photo par GjM Photography
Pendant ce temps, sur la première scène à l’entrée du site, Violent Femmes revisitait son premier album de 1983 en intégral, comme lors du concert au Métropolis jeudi soir.
Gordon Gano, Brian Ritchie et leurs musiciens semblaient s’amuser ferme sur scène, malgré une foule un peu désintéressée.

Violent Femmes – Photo par GjM Photography
Le clou de la soirée : St. Vincent se donnait en spectacle sur la scène River.
Version condensée de 75 minutes de la veille, au Métropolis. Le spectacle a plus d’impact dans son intégralité et à l’intérieur d’une salle comme le Métropolis, mais n’empêche : l’étrange charme d’Annie Clark, ses chansons irrésistibles et ses élans de guitare complètement dingues ont fait un tabac, sans grande surprise.
Une fois de plus, St. Vincent a proposé une sélection plutôt solide de chansons du plus récent album homonyme, notamment les bombes Digital Witnesses et Birth In Reverse, ainsi que Huey Newton et Give Me Your Loves, toutes deux plus explosives sur scène que sur disque.
Le concert sans rappel s’est terminé sur Your Lips Are Red, tirée du tout premier album de St. Vincent, mais avec dix fois plus de mordant et de folie. Finale étrange et percutante pour conclure un show marquant, inoubliable.
Comme la prestation de St. Vincent se terminait à 22h15, l’occasion était bonne d’aller terminer le tout au théâtre Barney Danson, à l’intérieur du Musée de la Guerre, pour attraper les 3 dernières chansons de Lucius, un groupe indie-pop puisant dans les harmonies et l’esprit des girl bands des années 1960. La bande a l’habitude d’interpréter Two of Us On The Run débranchés, au beau milieu de la foule, mais la configuration de la salle ne leur permettant pas de le faire, ils ont plutôt invité les spectateurs à les rejoindre et les encercler SUR la scène. Très beau moment de complicité avec la foule, qui a évidemment adoré l’expérience.
Ne restait plus enfin que quelques solos de guitare, de clavier et de saxophone de Joe Louis Walker et ses musiciens à apprécier dehors sous la pluie, avant que le site ne ferme.




