Rétrospective 2013 | Les #FAIL de l'année


Vendredi, 13 décembre 2013 03h06 par Sorstu.ca

Et oui, c’est déjà ce moment de l’année. Celui où l’on vous submerge de palmarès, de tops et de classements. Et Sors-tu.ca n’y fera pas exception!


On passe l’année à déguster compulsivement de nouveaux disques, à découvrir de nouveaux artistes, à courir de concerts en concerts, de festivals en festivals, alors c’est toujours un bel exercice que celui de s’arrêter un peu pour faire le point sur l’année qui vient de passer. Cette semaine de rétrospective se termine en beauté… avec les #FAIL de l’année. On est tellement de notre temps.


Voici donc les pires coups de l’année, les déceptions, les « ah dommage », selon les collaborateurs de Sors-tu.ca.


N’hésitez pas à nous partager les vôtres en commentaires, au bas de la page!


 










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â–º Top 25 des albums Anglophones de l’année

â–º Les découvertes de l’année 

â–º Les #WIN de l’année 


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Alors allons-y des #FAIL de l’année 2013 selon l’équipe de Sors-tu.ca !


Lady Gaga et son ARTPOP


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Une grosse déception que ce nouvel opus de Lady Gaga, son 4e en carrière si on considère The Fame Monster, dans le lot. Pour mousser la sortie de l’album, Gaga a choisi de faire de la contre-promotion, en publiant une vidéo où elle affirmait que Lady Gaga était dépassée, incitant les gens à NE PAS se procurer son single Applause et son nouvel album. Ce qui aurait dû être de l’ironie s’est avéré plutôt véridique. Son message ayant été entendu et suivi à la lettre.



Son nouvel album manque de cohérence, de subtilité et surtout, n’a absolument pas reçu l’attention désiré chez les disquaires, les ventes de l’album laissant plutôt à désirer. La démarche artistique derrière l’album est boiteuse et mal définie. Dommage, pour une artiste qui possède une bonne dose de talent, mais qui s’entête à rester dans la pop générique et futile. Meilleure chance la prochaine fois, Gaga. Consultez notre critique de l’album ARTPOP ici.  


Les fans de Avenged Sevenfold à Heavy MTL


Fans qui n’avaient visiblement pas compris le concept d’un festival, où plusieurs autres groupes se produisent avant le band chéri qu’on est venu voir. Et que ce n’est pas en gueulant le nom de l’artiste, Avenged Sevenfold dans le cas qui nous intéresse, que l’horaire avancera plus vite.


En tout cas, cette année, Megadeth aura goûté au même traitement que les fans de Eminem avait réservé à Janelle Monae à Osheaga il y a quelques années. Léger sentiment de déjà-vu.


Un peu de respect pour la programmation et surtout, pour les autres festivaliers ne ferait pas de tort.


Consultez notre compte-rendu de la performance de Avenged Sevenfold à Heavy MTL.  


L’annonce de MASS:LIGHT de Pop Montréal, dans le ciel d’Osheaga


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Durant l’une des journées du festival Osheaga, une rumeur s’est rapidement propagée, à propos d’une annonce spectaculaire qui allait se  produire dans le ciel, au-dessus même du site du festival. Les spéculations se sont vite mises de la partie. L’annonce était en lien avec Pop Montréal. Un spectacle de Arcade Fire? Ou mieux encore, Atoms for Peace? Il fallait que ce soit spectaculaire!


Ce qui avait tout d’une idée excitante s’est finalement transformé en pétard mouillé. En fin d’après-midi, un avion tirant une banderole difficilement lisible a tournoyé au-dessus du festival. On pouvait y lire quelque chose comme « MASS:LIGHT »… suivi d’un lien internet pour comprendre en quoi consistait l’annonce. Plutôt utile dans un festival comme Osheaga, où la concentration de personnes à un même endroit est tellement grande qu’elle rend l’utilisation d’ondes cellulaires pratiquement impossible.


Désolé donc, à Murray Lightburn, son projet MASS:LIGHT et sa présence au festival Pop Montréal. On souhaite simplement rappeler qu’Osheaga, ce n’est pas Myrtle Beach.


Le report et/ou annulation de shows majeurs


On salue au passage Kanye West et Justin Timberlake, pour qui Montréal n’est visiblement pas une priorité dans l’organisation de leur tournée.


D’abord Justin Timberlake, qui devait offrir deux concerts à la fin octobre, le premier, le 31, le jour de l’Halloween, et par le fait même devait donner le coup d’envoi à sa tournée The 20/20 Experience. Pas rien quand même. Mais à la dernière minute, JT a reporté ses deux spectacles en sol montréalais à la fin du mois de juillet 2014. Parce qu’il avait encore besoin de temps de « répétition ». Dur à croire quand on réalise que la tournée a finalement débuté à New York. C’est beaucoup plus glam que Montréal, ça, n’est-ce pas? Mais au moins, on peut se consoler, puisque les concerts ont été reportés.


On ne peut pas en dire autant de Kanye West, qui a carrément annulé son concert prévu pour le 14 novembre au Centre Bell à quelques jours d’avis. On ne verra donc pas le fameux Yeezus Tour dans la métropole. On peut comprendre qu’il ait eu affaire à des problèmes de logistiques, à la suite d’un accident ayant endommagé son décor, mais il reste que c’est extrêmement décevant pour les fans, qui attendaient ce concert avec beaucoup d’enthousiasme. Surtout quand on se rend compte que Montréal est la dernière date de la tournée à avoir été annulée. Sans compter que la date de Toronto a été reportée et non annulée. Pourquoi? Mystère.


Wu-Tang Clan à l’Olympia


Photo par Martin Raymond.

Wu-Tang Clan à l’Olympia. Photo par Martin Raymond.


La nouvelle est d’abord sortie en août : réuni pour souligner le 20e anniversaire de l’album Enter The Wu-Tang Clan (36 chambers), le Wu-Tang Clan allait donner un concert à l’Olympia de Montréal, le 3 octobre. Pas juste quelques membres : le clan au grand complet. Les membres encore vivants, évidemment.


Les fans de longue date n’attendaient que ça. Puis, la date a changé. Repoussée en novembre, le 29 pour être précis. C’est que Toronto faisait de l’oeil au collectif.  Question d’arrimer les deux seuls concerts en sol canadien et de réduire les traversées de frontières à une seule, Montréal s’ajustait à la ville reine. Puis, confusion dans les dates : on passe du 29 au 27.


Après deux changements de dates, les fans tenaient bon. L’Olympia affichait toujours complet et l’excitation était à son comble pour les nombreux adeptes qui ont porté, à un moment ou un autre dans leur vie, un gaminet noir orné d’un gros W jaune arrondi.


Sur place, les portes ont ouvert plus tard que prévu, laissant les nombreux spectateurs précoces à geler dehors. Une fois à l’intérieur, les premières parties n’en finissaient plus d’étirer la sauce, K6A faisait son gros possible et Gab Roy (appelé à animer la foule pour une raison qui nous échappe) scandait fièrement «M-T-E-H-O-D MAN», sans se rendre compte de l’absurdité de son chant dyslexique.  Des huées se sont fait entendre.


C’est finalement passé 23h que le Wu Tang Clan s’est pointé sur scène.  Un retard dans un show de Wu Tang ?  Bah, rien là. Mais l’ennui, c’est qu’ils n’y étaient pas tous… Method Man, Masta Killa et RZA manquaient à l’appel. Plusieurs sont repartis satisfaits, leur nostalgie comblée par un setlist comptant bien des chansons marquantes. Mais les insatisfaits ne se sont pas gênés pour le laisser savoir, inondant de fiel la page de l’événement Facebook, ainsi que notre article traitant de la soirée. D’ailleurs, notre collaborateur Olivier Boisvert-Magnen était visiblement du nombre des pas-impressionnés.


Le producteur de la soirée, Rickey D. Daley, s’admet tout de même « fier d’avoir réuni 6 de ces gars-là sous un même toit, ce que personne d’autre n’avait réussi à Montréal ».  La bande complète avait toutefois pris part au Festival d’été de Québec et au Bluesfest d’Ottawa en juillet dernier. « (Wu-Tang Clan) est un ‘festival act’. Si tu veux réunir ces gars-là, il faut que tu sortes beaucoup d’argent. Et quand tu attires 30 000 fans, c’est plus facile que lorsque tu prévois un show en salle, avec moins de 3000 billets à vendre », nous explique-t-il au bout du fil, trois semaines après la tempête (au sens figuré, comme au sens littéral).


 


L’absence de Method Man, Masta Killa et RZA


Ce n’est pas évident de booker le Wu Tang Clan, tous les producteurs le savent. Certains diront même qu’il n’y a pas un groupe plus difficile à réunir, en raison de leurs horaires chargés, du cachet exigé et, soyons francs, de leur absence de fiabilité légendaire.


Mais quand la météo en rajoute, les chances de #FAIL sont élevées…   « J’étais à l’aéroport à attendre les gars, le soir-même du show. C’est vers 22h que j’ai appris que les vols de Method Man et Masta Killa étaient annulés en raison de la tempête de neige qui s’abattait sur l’Est du pays… »


Il s’en est fallu de peu pour que la même chose n’arrive à Raekwon et Ghostface Killah, dont les vols ont aussi été annulés. Ces deux derniers ont toutefois réussi à faire le voyage autrement, en passant par Chicago pour contourner la tempête.  Les membres de Wu Tang n’arrivaient pas tous de la même destination.   « Les gens étaient dans la salle et les autres membres étaient prêts pour donner un show… Je ne pouvais pas simplement tout annuler sous prétexte qu’il en manque deux. »


En fait, il en manquait trois : RZA, lui, aurait apparemment annulé sa présence plusieurs jours à l’avance, en raison de contraintes de contrat en lien avec un tournage de film.


« Je ne peux rien faire contre une tempête, répète avec insistance Rickey D.  C’est d’ailleurs inscrit dans tout contrat, c’est ce qu’on appelle un Act of God. »


Plusieurs producteurs se sont cassés les dents à essayer de faire venir les artistes du Wu Tang Clan à Montréal, séparément ou tous ensemble. Rickey D. a presque réussi le grand chelem : n’eut été des conditions météo, il aurait réuni huit des neuf membres du Wu Tang Clan sur la scène de l’Olympia de Montréal.


Se risquerait-il à nouveau à tenter le coup ?   « Si les conditions idéales étaient réunies, certainement que je le ferais. »


En attendant, les détenteurs de billets sont invités à conserver leur billet, puisqu’un concert de Method Man serait bientôt annoncé pour l’Olympia de Montréal en 2014. La date reste à confirmer, mais les billets pour le show de Wu Tang Clan seront honorés lors de ce concert, qui devrait être annoncé sous peu…


Le Rockfest de Montebello


Probablement la controverse par excellence de l’été, le Rockfest de Montebello, ou plutôt son organisation logistique laissant cruellement à désirer ont suscité des mécontements jamais vus auparavant pour un événement de cette envergure.


Tout a commencé par des problèmes sur les sites de camping. Aucun contrôle n’était fait à l’entrée de chacun d’eux. Le résultat? Plusieurs groupes de personne ayant déboursé pour réserver une place de camping se sont retrouvés sans lieu pour monter leur tente. Les résidents ont dû offrir leur terrain pour dépanner ceux qui se retrouvaient sans endroit pour dormir.


Et ça, c’est sans parler des navettes qui faisaient le transport entre le lieu du festival et les campings, qui ne fournissaient pas à la demande. Ensuite les toilettes ont débordé, donnant lieu à des rivières d’urine qui sillonaient le site déjà boueux. Agréable et hygiénique.


Et puis, on avait précédemment appris que plusieurs groupes n’étaient pas payé pour leur prestation au festival. Pire même, certains devaient payer un énorme montant pour avoir la chance d’y jouer.


C’est là que tout a déboulé. Alex Martel, organisateur du festival, était absolument introuvable. Aucun commentaire n’a été fait sur le désastre qui se produisait alors sur ses terres. Le capitaine avait quitté son bateau et le laissait tranquillement sombrer.


Mononc’ Serge a même écrit un poème sur le festival et la situation déplorable qu’il a récité sur la scène même du Rockfest. Les festivaliers l’ont accueilli en héros, même qu’un fan a filmé la scène et l’a publiée sur YouTube:



 


Sors-tu.ca a eu l’occasion de rencontrer Mononc’ Serge récemment pour une entrevue, et nous en avons profité pour effectuer un retour sur l’événement et sur la fameuse sérénade incisive du chanteur. Voici ce qu’il avait à dire au sujet du Rockfest :



 


La page Facebook de l’événement est ensuite devenue une sorte de lieu de rassemblement pour les festivaliers qui souhaitaient se vider le coeur et cracher leur venin sur leur expérience traumatisante au festival. Leurs commentaires et questionnements restaient la plupart du temps sans réponse. Laissés à eux-mêmes.


Enfin, la cerise sur le sundae de ce chaos monumental a probablement été le communiqué de presse envoyé une semaine après la tenue de l’événement qui qualifiait l’édition 2013 de grand succès et qui ne mentionnait pratiquement pas les foudres dont il faisait l’objet sans relâche. Il y a une limite à se cacher la tête dans le sable.


Pourtant, alors que plusieurs criaient à la mort du Rockfest, une édition 2014 a été confirmée et les préparatifs vont bon train.


Certes, on peut dire que cette année, le festival a probablement été victime de son succès, accueillant trop de gens pour sa capacité. On souhaite tout simplement que l’an prochain, des améliorations significatives soient apportées à l’aménagement et à la logistique de l’événement, pour éviter un autre bordel chaotique comme celui qui aura marqué les festivaliers cette année.


Source: Sorstu.ca