Wings Of Metal 2017 | Dernière édition d’un évènement rare et précieux dans la planète heavy metal


Mardi, 12 septembre 2017 11h09 par Sorstu.ca

Trois soirées de folie métallique, d’épiques décibels, de headbang, de thrash/black/heavy metal avec un public de passionné(e)s. Seize groupes de différents continents finement sélectionnés, des gens de partout dans le monde: Montréal peut se vanter d’avoir hébergé un des festivals les plus uniques dans son genre. Retour sur cette dernière édition du Wings Of Metal aux Katacombes, théâtre d’un évènement rare et précieux dans la planète heavy metal.








Dimanche après-midi, quatorze heure : les Katacombes sont encore remplies, car des hordes d’amateurs se pressent déjà au Metal Market, pour ceux qui n’ont pas trop abusé de La Morsure la veille. Un genre de marché aux puces mais 100% metal, on où trouve cassettes, vinyles, chandails et plus, ainsi que quelques zombies survivants de la veille. Le soleil de septembre régénère un peu les esprits, qui se remettent tout juste de cette fin de semaine incroyable.


Acte I – jeudi 7 septembre


C’est le nouveau groupe montréalais Muertos qui doit briser la glace à 8h. L’avantage du beau public du Wings Of Metal, c’est que les gens sont à l’heure, et la salle est plutôt bien remplie. Mais surtout, elle est remplie d’un public varié, de nouvelles têtes, et on entend parler plusieurs langues. Le trio local Muertos officie dans un black thrash plutôt efficace, même si ça bouge parfois un peu niveau mise en place. Le batteur domine presque le groupe, envoyant des blast-beats assez intenses avec un bon feeling, et de bonnes interventions vocales. Une mise en jambes bien placée, un groupe qui devrait se bonifier avec la pratique.


<a href='https://www.billets.ca/muertos-billets'>Muertos</a>-WingsOfMEtal-2017-3


L’intrus de la soirée se présente comme le seul groupe de rock du festival : Freeway. Et quelle claque ils vont nous mettre. Le quatuor le plus calme et moustachu du festival nous balance un hard rock très 70’s aux touches stoner avec une maîtrise et une émotion remarquables. Leurs compostions sont très inspirées, les solos mélodiques et accrocheurs, avec des harmonisations embellies par de superbes sons de guitare, et de bons musiciens. Une voix typique heavy metal torontois, dans la veine de Cauldron, mais des morceaux variés avec un feeling blues et des passages plus doux. Ce n’est pas pour rien que Fenriz lui-même a récemment prêché le talent de Freeway. Un groupe dont on va certainement entendre parler à l’avenir. Excellente surprise.


Freeway-WingsOfMEtal-2017-3


Sorti des abîmes de leur ville propre et bien rangée, le groupe Occult Burial d’Ottawa pratique plutôt dans le crade et moins carré. Mais leur musique dégage suffisamment d’énergie pour faire démarrer le mosh-pit. Leur instrumental thrash avec une voix plus black font bon ménage. La foule est conquise d’avance, la formation s’étant déjà fait un nom, et embarque dans leur sombre puissance, même si leur concert est loin d’être parfait. Le groupe finira par inviter un chanteur géant pour une reprise de Razor, Evil Invaders, très bien reçue par le public.


OccultBurial-WingsOfMEtal-2017-4


C’est déjà l’heure du rituel maya occulte venu du Mexique, Xibalba. Maquillage, coiffe de plumes pour le batteur, les têtes d’affiche de la soirée ont beau se donner à fond, leur prestation laisse étrangement à désirer. C’est notamment une guitare très simpliste avec un jeu manquant cruellement de feeling qui tâchent. Ils s’en sortiront dans des passages plus lents et presque tribaux, mais l’ensemble laisse un silence presque gênant entre les morceaux. Xibalba vient questionner la frontière délicate entre un minimalisme musical intentionnel, fréquent dans le black metal, et un manque de niveau instrumental discutable (ou un niveau de défonce avancé ?)… On ne sait pas trop ce qu’il se passe sur scène parfois, où basse et guitares semblent improviser… Le plus réussi sera une pièce instrumentale sans guitare avec une genre de flûte traditionnelle, et un tambour utilisé en devant de scène. La transe va reconquérir un peu le public qui est beaucoup plus embarqué pour les deux derniers morceaux qui suivront, rattrapant un peu le concert. Un rappel commence avec des incantations, même si les démons Mayas invoqués peineront à tirer Xibalba de son étrange abysse.


Xibalba-WingsOfMEtal-2017-2


Consultez les Actes II et III par ici :



Trois soirées de folie métallique, d’épiques décibels, de headbang, de thrash/black/heavy metal avec un public de passionné(e)s. Seize groupes de différents continents finement sélectionnés, des gens de partout dans le monde: Montréal peut se vanter d’avoir hébergé un des festivals les plus uniques dans son genre. Retour sur cette dernière édition du Wings Of Metal aux Katacombes, théâtre d’un évènement rare et précieux dans la planète heavy metal.


Acte II – vendredi 8 septembre


Les Montréalais de Starlight Ritual ouvrent le bal en beauté avec du bon heavy metal à l’ancienne, assez traditionnel, avec quelques touches doom. Encore une fois l’excellent public est présent même à 18h30, un des avantages indéniables de jouer au Wings Of Metal, pas de danger de jouer devant une salle vide en ouverture. Une bonne voix qui rappelle par moments celle du vocaliste de Hibria, menant un groupe bien en place avec des solos harmonisés plutôt épiques. Ils terminent avec une reprise de Manilla Road qui réveille la foule, même si le registre vocal plus grave met moins en valeur le potentiel du chanteur. Rafraîchissant d’entendre un jeune groupe pratiquer un son traditionnel, élégante ouverture du vendredi.


StarlightRitual-WingsOfMetal-2017-2


On repasse dans les années 70 avec un groupe au nom un peu mystérieux dont personne n’est capable de prononcer le nom : Quayde LaHüe. Formé de membres de Christian Mistress, les Américains nous envoûtent avec de superbes sons de guitare, la chaleur et la rondeur des Gibson, qui embellissent des harmonies remarquables. De plus, les gars sont en place au millimètre. Ils sont aussi menés par une excellente chanteuse, sans prétention. Sur un terrain où on aurait pu attendre une voix metal lyrique et extravagante, Jenna s’impose avec une voix rock et authentique, habillée simplement, seulement armée de son tambourin, une belle surprise. Avec des breaks presque progressifs et une touche Thin Lizzyesque, Quayde LaHüe sort un mélange vintage impressionnant, de son niveau et son originalité.


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Il est temps de passer dans le crade et méchant. A l’image de son nom, la musique de Slutvomit est déglutie à toute vitesse d’une manière violente et crade qui arrache les tripes . Le son de guitare manque parfois de gain, mais de bons riffs black les font sortir de la bouillie black thrash et de leur son un peu confus. Des riffs qui sont souvent plaqués par une seule guitare avant que le reste du groupe embarque à pleine puissance, classique mais efficace. Dommage pour un zéro de communication avec le public, et un groupe un peu statique. Mon photographe remportera la palme de la meilleure traduction française des campagnes en les renommant Quiche de Pute. Néanmoins, Slutvomit s’en tire avec les honneurs, brutal et direct à souhait. Encore une fois, la variété des genres de metal représentés au Wings Of Metal est appréciable.


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Les lumières baissent, et un chandelier est allumé sur la scène. C’est l’heure d’une nouvelle messe black metal occulte avec les Chiliens de Communion. L’atmosphère créée est envoûtante et le trio se démarque avec des passages mid-tempos très accrocheurs, lourds mais tapissés de double-pédale. Le chanteur s’exprime seulement par grognements monosyllabiques, même en guise de remerciements, sauf pour engueuler son batteur aux lunettes de surfer qui a parfois l’air à côté de la plaque. Mais Communion va réussir à dégager la magie de son nom, en faisant communier une salle pleine à craquer qui headbangue à l’unisson, possédée par la musique des Chiliens dont l’unique album vient de sortir pour la première fois en vinyle chez Temple Of Mystery Records.


<a href='https://www.billets.ca/communion-billets'>Communion</a>-WingsOfMetal-2017-7


On change de continent pour aller chercher un groupe culte des années 90 en Grèce, Varathron. Même si on assiste à une des meilleurs prestations niveau mise en scène et présence, le concert manque en qualité de son. Les guitaristes manquent de puissance, et la basse qui claque les enterre un peu. Seul membre original de 1988, le chanteur cagoulé Stefan Necroabyssious occupe bien l’espace. Le batteur réussit à briser sa caisse claire, et Varathron s’en sort quand même bien grâce à des morceaux nuancés avec des intros calmes et atmosphériques. Le chanteur ouvre alors un grimoire pour réciter d’incompréhensibles incantations sataniques. Ça semble marcher, car malgré le passage très calme, un mosh-pit explose, fou et violent, sur le bord de faire éclater une bagarre.


<a href='https://www.billets.ca/varathron-billets'>Varathron</a>-WingsOfMetal-2017-4


Retour au thrash metal avec la tête d’affiche du vendredi, Sacrifice. Sans dénigrer les autres groupes, les Canadiens dominent la soirée de haut niveau technique, et sont hallucinants. Ca sonne comme une tonne de briques estampillées 1983 qui déboulent à un volume Motörheadesque, et c’est l’apocalypse dans la salle. Rapide, violent et précis, Sacrifice ravi ses fans en allant chercher dans Forward To Determination, Torment In Fire et Soldiers Of Misfortune. L’expérience et le métier font parler la poudre ils nous sacrifient sur l’autel du thrash metal canadien. Que ce soit dans la frappe précise et puissante de caisse claire ou dans la brutalité des riffs de guitares ultra rapides, Sacrifice impressionne par la maîtrise de son élément, concluant en force une autre soirée mémorable.


<a href='https://www.billets.ca/sacrifice-billets'>Sacrifice</a>-WingsOfMetal-2017-8


Consultez l’Acte III par ici :



Trois soirées de folie métallique, d’épiques décibels, de headbang, de thrash/black/heavy metal avec un public de passionné(e)s. Seize groupes de différents continents finement sélectionnés, des gens de partout dans le monde: Montréal peut se vanter d’avoir hébergé un des festivals les plus uniques dans son genre. Retour sur cette dernière édition du Wings Of Metal aux Katacombes, théâtre d’un évènement rare et précieux dans la planète heavy metal.


Acte III – samedi 9 septembre


L’ouverture du samedi est confiée à Outre Tombe. La formation de Québec officialise la Flying V comme le modèle de guitare le plus utilisé au Wings Of Metal 2017. Le quatuor envoie un death metal à l’ancienne bien lourd avec de très bonnes influences Bolt Throweriennes et Obituaryiennes, notamment dans la voix, mais chantant en français. De bons riffs écrasants et des vocaux à la hauteur. Pas évident d’embarquer à 18h avec deux jours de festival dans les jambes, mais le public est toujours présent et nombreux. Outre Tombe livre la marchandise sans détour et dans la langue de Molière, méritant sans problème une place plus haut dans l’affiche.


On retourne au Chili avec Slaughtbbath qui ouvre le feu tant bien que mal. Malgré un démarrage un peu difficile, la température se réchauffe lors de la prestation. Parce que des guitares BC Rich, ça a de la gueule, mais ça sonne jamais très bien. Et la frappe du batteur manque un peu d’épaisseur. Mais la fin du concert s’améliore, avec des extraits de l’album Hail To Fire comme Awaken To Slay. Slaughtbbath possède cette lourdeur un peu à la Destroyer 666 avec des refrains appuyés par deux chants, des gros bracelets à clous, et un black thrash direct et sans concessions qui veut tout détruire sur son passage. A noter que les trois groupes sud-américains du festival enchaînent avec une tournée au Canada et aux Etats-Unis en ce moment.


Slaughtbath-WingsOfMetal-2017-4


Place à Crypt Sermon, groupe de Philadelphie. Il est peut-être un peu tôt pour du doom aussi lent et pesant, mais les gars sonnent très bien, avec une excellente voix presque classic hard rock. On remarque beaucoup Steve Jansson, guitariste impressionnant qui shredde tout en mélodie, et ça fait du bien d’entendre autre chose que des solos de thrash typiques à la Slayer abusant de whammy bar/vibrato. Pas étonnant que l’homme ait déjà été engagé par Vektor pour une tournée. Un bon concert de la part de Crypt Sermon, même si quelques longueurs se font ressentir vers la fin.


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Et voici un des gros noms du festival. On retourne dans un son plus rock’n’roll avec la Lespaul de Brian Tatler, meneur de Diamond Head depuis 1976. Les Anglais nous gratifient d’un set très concentré sur leur album classique, Lightning To The Nations, seule différence avec leur concert dans cette même salle l’année dernière. Autre différence : une salle pleine à craquer qui chante les classiques It’s Electric ou Helpless. Les solos de Brian sont toujours fabuleux, pendant que le chanteur Rasmus court de partout. Le jeune vocaliste donne tout un spectacle, très professionnel, mais a parfois tendance à en mettre trop au goût de certains. Il n’empêche que Am I Evil restera un des moments forts du festival, chanté à l’unisson par des Katacombes en délire, ou le niveau d’alcool commence à monter sérieusement. Une légende de la NWOBHM qui s’ajoute au beau palmarès du festival.


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L’acte suivant est unique et mystique. Les trois membres originaux de Pagan Altar rendent hommage au défunt groupe sous le nom Time Lord, avec Brendan Radigan de Magic Circle au chant, et de loin dans une salle sombre, Dave Mustaine à la basse (c’est en fait Diccon Harper de plus près). Sans oublier Andres Arango à la seconde guitare, également batteur de Muertos, et bassiste de Metalian, on se demande de quel instrument il ne sait pas jouer. Résultat de cette chimie inédite ? Un concert absolument magique, transcendant la musique unique de Pagan Altar dans le plus bel hommage qu’on aurait pu imaginer. Le son est parfait, et le jeu de guitare unique d’Alan Jones va envoûter une salle en transe aux sons des riffs et mélodies de Pagan Altar, de Lords Of Hypocrisy à Mythical and Magical, sans oublier des extraits du dernier Room Of Shadows. Brendan donne une superbe performance au chant, avec une assurance, une présence et une humilité remarquables. Le mélange unique de hard rock, doom et heavy metal avec des solos épiques et des refrains entrainants va conquérir même les non-initiés au groupe culte. Un concert unique, d’où une aura mystique se sera dégagée, comme si Terry Jones était quelque part avec nous, dans la fumée envoûtante. En tout cas il serait fier, et Annick en a les larmes aux yeux. Fantastique.


PaganAltar-WingsOfMetal-2017-3


Comment apporter meilleure conclusion à la dernière édition d’un festival montréalais qu’avec un des groupes québécois les plus légendaires dans la planète métal ? Il est minuit passé, et il devient difficile de se déplacer dans la salle, même à l’étage, tellement il y a de monde. Voivöd est ovationné alors que Killing Technology fait exploser un mosh-pit des plus intenses. Les quatre musiciens trippent devant la folie ambiante. Snake trouvera le cri de ralliement du festival en hurlant entre les morceaux « Wings of metaaaaal ! » en imitant Judas Priest. Un extrait de l’album Roaaaaar ! crée le même effet dans la foule qui rugit dans un mosh-pit increvable. « Voyons donc, ça peut pas être la dernière ! Annick elle est comme Ozzy Osbourne en fait, elle dit que c’est la dernière, mais elle va revenir !» Le chanteur ne manque pas de remercier l’organisatrice, soulignant que quand on est passionné, sky has no limits. Il remercie également tous les gens présents qui ont voyagé de partout dans le monde d’être présents ce soir. « Somehow, we are connected. »


Et le groupe d’enchaîner le morceau du même nom, avec un Away qui martèle ses futs de plus belle, et un Chewy souriant toujours incroyable à la guitare. Un des rares sinon l’unique guitariste à être capable de faire sonner le thrash progressif et dissonant de Voïvod et les riffs singuliers de feu Piggy. Les gars terminent avec un Voïvod d’anthologie, des centaines de poings dans les airs et un mosh-pit final qui frôle encore la bagarre. Voïvod remonte sur scène pour un rappel avec Overreaction, avant de saluer une dernière fois la foule en ébullition. Quelle soirée encore.


<a href='https://www.billets.ca/voivod-billets'>Voivod</a>-WingsOfMetal-2017-8


Set-list Voivod


Killing Technology

Post Society

Psychic Vacuum

Inner Combustion

Blackguards

The Prow

Ravenous Medicine

Fall

Korgull

Lost Machine

We Are Connected

Voivod


Rappel: Overreaction




Ainsi s’achève l’ultime édition du Wings Of Metal. Dur de mettre les mots sur ce qui se dégage de cet évènement, outre la superbe énergie et folie échangées lors des concerts. On doit bien sûr parler du public incroyable et varié, de la passion d’une musique qui pousse les gens à voyager si loin. Le Wings Of Metal prouve encore une fois que la flamme brûle plus que jamais, et qu’il existe toujours une culture heavy metal authentique. Mais surtout, le Wings Of Metal donne de l’espoir quant à l’avenir et la pérennité d’un style musical, et à l’existence d’un vrai public avide de musique, et par-dessus tout, prêt à découvrir et supporter de nouveaux groupes, à encourager la création et l’écriture. De l’or, à une époque où les derniers dinosaures fondateurs s’éteignent après avoir rempli des stades de publics familiaux, et où les bars s’entêtent à engager des tribute bands, la culture heavy metal survit dans l’underground, prête à porter les nouvelles générations de groupes qui prendront la relève. Bravo à Annick et son équipe, bravo aux groupes, bravo au public : que le Wings Of Metal trône à jamais au panthéon du heavy metal.


Consultez également : notre entrevue avec Annick Giroux de Wings of Metal


Source: Sorstu.ca