Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
L’équipe de Sors-tu.ca s’est prêté au jeu de proposer 10 albums à ressortir de la vieille boîte entreposée par vos parents.
Dire Straits
Brothers In Arms (1985)
(par Manon Boquen)

Même si l’album date de 1985 et qu’il existait alors en format CD (il a d’ailleurs été le premier « CD d’or » certifié), mon père le possédait en vinyle. J’entendais beaucoup le nom de Dire Straits dans la bouche de mes parents, sans pour autant savoir à quel type de musique cela correspondait, et cela m’intriguait. Un jour, alors que j’étais seule à la maison, j’ai cédé à la curiosité et j’ai décidé d’écouter Brothers In Arms sur le tourne-disque.
J’ai alors compris pourquoi tant de personnes parlaient du groupe britannique : les guitares, les refrains enivrants… tout était simplement génial !
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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Tom Waits
Rain Dogs (1985)
(par Marc-André Mongrain)
Au tournant des années 1980, Tom Waits s’est séparé de son producteur Bones Howe, s’est joint à l’étiquette Islands Records, et semble avoir pété les plombs en prenant une direction artistique pour le moins inattendue, tel qu’en témoignait l’excentrique Swordfishtrombone, en 1983. Son blues-beatnick des années 1970 faisait place à une approche de chanson encore plus inusitée, où blues, rock, jazz et folk se mélangent à une approche percussive surprenante. Le tout porté par la voix graveleuse la plus unique qui soit, et un jeu de guitare atonale sous-estimé, signé Marc Ribot.
Le point culminant de cette fameuse trilogie « Island Years » de Tom Waits, c’est sans aucun doute le chef d’oeuvre Rain Dogs, paru en 1985 : un disque marquant, qui allait influencer plusieurs générations à venir, et inscrire le nom de Tom Waits parmi les plus grands de la chanson américaine, tout en témoignant de sa grande originalité.
Un classique parmi les classiques.
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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Gilbert Bécaud
Bécaud (1969)
(par Jeanne Guèvremont)
​Mon père collectionne les vinyles depuis qu’il a 8 ans. On les compte par milliers. J’ai fait jouer des 33 tours avant même de connaître les cassettes et les CD.
Mes amis écoutaient les Spice Girls et les Backstreet Boys et trouvaient ça ennuyant quand je faisais jouer du Brel ou du Brassens. ​J’ai grandi avec tous les styles de musique, mais j’ai toujours eu une une préférence pour la chanson française et les Beatles, évidemment. L’album de Bécaud ​ L’un d’entre eux inventa la mort​ (1969) est un incontournable. Un disque magnifique dont on ne peut se tanner et qui passe à travers le temps sans peine.​ Il est composé de chansons très différentes pour permettre à tous d’y trouver son compte. Bécaud, Brel, Brassens, Reggiani, Aznavour, Dutronc ou Dassin, tentez le coup, prêtez l’oreille.
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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Triumph
Rock’n’roll Machine (1977)
(par Joshua Lessard)
La collection de vinyles de mon paternel me faisait office de coffre à jouets quand j’étais jeunot. J’y ai découvert plein de bands, mais celui dont je me souviens le plus, c’est Triumph.
Le groupe pourrait avoir l’air d’une copie carbone de Rush. Les deux trios sont canadiens, de la même époque, font du rock qui tire sur le prog.
Mais Triumph avait quelque chose que Rush n’a pas : Rik Emmet. Emmet est un guitariste, chanteur et compositeur que je qualifierais de « BEN VOYONS DONC ». Il fut à ma connaissance l’un des premiers à intégrer des techniques de guitare flamenco et classique à son arsenal très rock.
Et si je ne peux vanter l’entièreté de l’œuvre de Triumph, je peux solidement vous vanter The City, pièce #6 de Rock N’ Roll Machine.
The city est bâtie en trois segments (War March / El Duende Agonizante / Minstrel’s Lament) et comporte non seulement un des meilleurs passages de guitare latine EVER (sautez l’intro et allez à 2 :15) mais aussi la mélodie que j’ai le plus souvent sifflotée au cours de ma courte vie (à partir de 4 :00).
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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Barbara
Live à l’Olympia (1969)
(par Rose Guèvremont)
Ma soeur, mon cousin et moi avons déjà entrepris la tâche colossale de classer les vinyles de mon paternel en ordre alphabétique. Trois jours plus tard, le projet utopique a été abandonné, et on est tout simplement retourné a nos plaisirs musicaux d’écouter des 33 tours. Un beau jour, ou peut-être une nuit, j’ai fait une découverte parmi les lettres B.
Si plusieurs connaissent la fameuse chanson de l’Aigle Noir interprétée par Marie Carmen ou découvriront la magnifique Le mal de vivre sur le tout nouveau album de Pierre Lapointe, bien peu connaissent la grande dame de la chanson française derrière ces magnifiques et tragiques chansons. Je parle bien entendu de Barbara.
Le tremolo de sa voix est incomparable; tant de force et de désespoir émanant de chacune de ses compositions, autant pour le texte que l’interprétation. Pénétrer dans l’univers sombre de Barbara, avec ses textes noirs, nostalgiques, toujours bouleversants et souvent lumineux, c’est une aventure en soi.
Je vous invite à y plonger, et vous met au défi d’écouter certains de ses classiques comme Nantes, qui relate la mort de son père incestueux (vous aurez été averti que tout n’était pas rose dans l’univers de Barbara), sans avoir la larme à l’oeil. Et au-delà de sa douleur, vous découvrirez une voix et une intensité qui ne pourront vous laisser indifférent.
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Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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The Joseph Consortium
Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat (1969)
(par Jean-François Tremblay)
L’impressionnante collection de mon défunt père fut malheureusement disséminée aux quatre vents au fil des ans. En revanche, je conserverai ce disque toute ma vie. Je l’ai découvert à l’âge de quinze ans. Il s’agit de la première œuvre officielle d’Andrew Lloyd Webber et de Tim Rice (avant « Jesus Christ Superstar » et « Evita »). On la décrit sur la pochette comme un « pop oratorio ». Un groupe rock interprète ce récit biblique de manière moderne, destiné au public adolescent de l’époque qui rejette la religion. Les chansons sont courtes, les mélodies sont entraînantes, et le talent des deux jeunes créateurs est déjà évident. Les textes de Rice sont inventifs et sarcastiques, tandis que les chansons de Webber sont tout à fait dans l’air du temps.
Certains passages instrumentaux seront repris l’année suivante dans « Jesus Christ Superstar », et la courte œuvre (environ 30 minutes) prendra de l’expansion au fil des ans pour devenir un vrai spectacle sur Broadway. Mais c’est cette première version rock qui m’a charmé au départ et qui à chaque écoute me ramène à mes quinze ans. J’y retrouvais alors deux de mes amours — le rock des années 60 et la comédie musicale – mariés de façon unique et amusante. Ce n’est pas un album charnière de l’histoire du rock, mais ce vinyle original de l’époque est un objet que je chéris de tout mon cœur. Boni : sur cette version, c’est Tim Rice lui-même qui interprète le rôle du Pharaon, une parodie d’Elvis.
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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Uriah Heep
The Magician’s Birthday (1972)
(par Jean-François Tremblay)
Passer des heures à fouiller parmi les disques de mes parents lorsque j’étais ado, c’était comme être assis au milieu de la caverne d’Ali Baba, en pâmoison devant chaque nouvelle pépite que je découvrais. J’ai hérité de mon père son amour du rock « bluesé » des années 60 et 70, et dans sa collection, parmi les Led Zep, Deep Purple, et The Guess Who, se trouvait quelque chose d’un peu moins connu : Uriah Heep. La formation était menée par le chanteur David Byron, dont la voix d’or chargée d’émotion se juxtaposait parfaitement au rock un peu hard de ces Anglais qui racontaient des histoires de magiciens et de sorciers. Ce disque est la deuxième partie d’un diptyque (l’autre est « Demons and Wizards », lancé un peu plus tôt la même année), mais c’est « Magician’s » que je préfère, car ce fut ma première expérience avec le groupe. Je possède toujours les deux albums sur vinyle. Ils me rappelleront toujours mon père.
J’ai longtemps eu l’impression que nous étions seuls au monde à connaître ce groupe. Encore aujourd’hui, j’ai l’impression que cette influente formation est cruellement ignorée du public, du moins de ce côté-ci de l’Atlantique. Pourtant, ils ont posé les bases du hard rock au même titre que Black Sabbath, Deep Purple et Led Zep. Et Uriah Heep produit encore des albums aujourd’hui (avec un autre chanteur, Byron étant mort dans les années 80). Recommandé aux amateurs de guitares mordantes et de rock mélodique.
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Aphrodite’s Child
666 (1972)
(par Theophile Hladky)
Qui se souvenait que Demis Roussos et Vangelis avaient fait parti d’un groupe de rock progressif à la fin des années 1960 ? L’icone de la chanson grecque vient d’ailleurs de nous quitter, et c’est peut être le meilleur moment pour (re)découvrir son oeuvre.
Album encensé, controversé, véritable ovni du genre, 666 se présente sous l’adaptation musicale de l’Apocalypse de Saint-Jean, avec des pièces aussi hétéroclites dans leur durée comme dans leur genre, oscillant entre le psychédélique, la pop, un rock plus péchu, des discours scandés et d’autres affabulations totalement indescriptibles.
On se souvient notamment de The Four Horseman ou ∞, très polémiqué à l’époque car l’actrice Irène Papas fut invitée à venir simuler un orgasme sur un semblant de marche militaire… Certainement un des albums les plus curieux et surprenant de cette période.
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Marianne Faithfull
Strange Weather (1987)
(par Marc-André Mongrain)
Avec sa voix étrangement séduisante de waitress maganée, Marianne Faithfull a signé un petit chef d’oeuvre en Strange Weather, premier album de la grande dame une fois débarrassée d’une vilaine addiction à l’héroïne. Sur ce magnifique et sombre disque, elle emprunte autant à la chanson cabaret qu’au rock, au jazz et au blues, avec des résultants épatants.
La réalisation de Hal Willner est tout simplement sublime, et rattache ensemble toutes ces chansons écrites par d’autres gens – juste Dylan, les Stones, Al Dubin, Tom Waits… – mais que Faithfull s’est carrément réappropriées.
Certains diront que c’est le plus proche qu’une chanteuse s’est rendue de Billie Holiday.
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Can
Tago Mago (1971)
(par Théophile Hladky)
« Avant-guardiste » pour certains, « expérimental » ou krautrock pour d’autres, Can reste sans doute un groupe difficile à aborder pour les oreilles les moins aguerries. . .
Mais Tago Mago est surement l’album prédestiné pour approcher le groupe allemand. Can a cherché à pousser les limites stylistiques musicales connues – comme d’autres musiciens à l’époque – en laissant l’inconscient prendre le dessus à travers des improvisations très libres.
Mais la particularité du groupe, et de cet album en particulier, repose sur le travail post-production du bassiste et « machiniste » Holger Czugay, ancien élève de Stockhausen, passé maitre dans l’arrangement, et l’utilisation très singulière pour l’époque d’effets et d’appareils électroniques. Une curieuse alchimie qui, quand on la réécoute aujourd’hui, semble toujours étrangement neuve : Can est ainsi encore considéré comme une des influences musicales les plus importantes de ces 50 dernières années.
Que vous ayez 18 ou 40 ans, les chances sont fortes que vos parents possèdent une collection de 33-tours surprenante au grenier, au sous-sol ou dans un entrepôt à Montréal. Il n’est pas rare que ces collections comportent des petits bijoux oubliés…
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The Traveling Wilburys
Traveling Wilburys Vol. 1 (1988)
(par Marie-Kim Dupuis-Brault)
The Traveling Wilburys est probablement l’un des supergroupes les plus impressionnants qu’on aura pu voir au fil des années. Rassemblés sous le nom des Wilburys Brothers, ce groupe était composé de nul autre que George Harrison, Jeff Lynne, Tom Petty, Roy Orbison et Bob Dylan.
Un supergroupe qui s’est formé un peu par hasard, alors que George Harrison devait enregistrer un B-Side à Los Angeles, et s’est retrouvé en compagnie de Lynne, Orbison et Petty dans le studio de Dylan pour enregistrer sa chanson Handle With Care. Une chanson à laquelle finalement, les 5 artistes ont collaboré et qui est devenue le début de l’aventure.
L’album a eu l’effet d’une agréable surprise au moment de sa sortie et a été chaudement accueilli non-seulement par la critique, mais s’est aussi transformé en succès commercial. L’album a même été en nomination pour l’Album de l’année au Grammy Awards.





