Mine de rien, l’Amnesia Rockfest 2015 approche à grands pas, et bientôt, des dizaines de milliers d’adeptes convergeront vers Montebello pour cette 10e édition. L’affiche regorge de noms établis, dont plusieurs qui ont publié, il y a un certain temps, un ou des album(s) marquants qu’il fait bon (re)découvrir avant de se rendre à la Marina à la fin juin.
L’équipe de Sors-tu.ca (et le fondateur du Rockfest, Alex Martel) vous proposent donc 10 albums à (ré)écouter en vue du Rockfest… ou même en chemin vers Montebello !
* Consultez la liste complète sans détails par ici
1. Refused
The Shape of Punk To Come
(1998)
– Choix de Marc-André Mongrain –
Considéré par plusieurs comme un chef d’oeuvre du punk hardcore, l’album culte The Shape of Punk To Come était lancé au printemps 1998 et sa légende allait grandir d’année en année. Il faut dire que peu de temps après la parution de celui-ci, le groupe suédois annonçait sa dissolution, ce qui entraînait carrément l’annulation de la tournée qui devait l’accompagner.
Sur le plan créatif, TSOPTC arrivait comme une bombe atomique dans un paysage punk où l’approche pop des Blink 182 et Sum 41 cohabitait gentiment avec le son classique des Bad Religion de ce monde. Refused, eux, proposaient un mélange abrasif de post-hardcore, de post-punk, de techno et de jazz avec amplement de clins d’oeil à l’histoire du rock’n’roll et même du blues.
Après 14 ans d’absence, le culte de The Shape of Punk To Come avait pris une telle ampleur que le festival Coachella a tout mis en oeuvre afin de convaincre les membres de Refused d’effectuer un retour, qui a culminé sur une petite tournée remarquable la même année. Ça devait ensuite être la fin définitive pour le groupe, mais la tournée de réunion a convaincu ses membres de reprendre là où ils avaient laissé les fans, en créant de nouvelles chansons destinées à paraître sur un nouveau disque intitulé Freedom, à paraître le 30 juin prochain. (Et pour l’instant, ça augure moyen…)
2. System of A Down
Toxicity
(2001)
– Choix de Joshua Lessard –
Toxicity n’est pas le premier effort dans la discographie de System of a Down, mais ç’en est certainement la pièce maîtresse.
Qui n’a jamais entonné « wafelakchpurppplda WAKE UP » en écoutant Chop Suey ? Qui n’a jamais air-drummé l’intro de Toxicity ? Qui n’a pas eu la chienne en voyant le p’tit gars vraiment freak dans le clip d’Aerials ?
Et ce qui est fou, c’est que l’album avait encore plus à offrir que ces bijoux de singles. On y retrouvait toute la hargne du heavy metal, sans la batch de clichés qui viennent avec d’habitude. On y découvrait des harmonies entre deux des voix les plus singulières du rock. On y entrevoyait la culture arménienne.
Surtout, on tenait enfin, à une époque où tous les orchestres sonnaient pareil, une œuvre qui ne ressemblait à rien.
« You’ve got this unbelievable band that don’t sound like anyone else, ever. », disait d’ailleurs le légendaire Rick Rubin en produisant l’album.
Mais la véritable beauté de Toxicity c’est que de toute l’époque nu-metal, c’est le seul album qui a vraiment bien vieilli…
3.Tenacious D
Tenacious D
(2001)
– Choix de Joshua Lessard –
Il y a deux choses pour lesquelles le monde entier semble porter un amour uniforme et sans équivoque : la pizza et Tenacious D.
Personne ne peut détester le duo humoristico-rock-folk-métal composé de Jack Black et Kyle Gass. Ou de « Jables » et « Rage Kage », pour les initiés.
Et leur premier album dévoilait au monde entier le travail que les D trimballaient déjà depuis quelques années dans la scène comique américaine. Soit un savant mix de sketchs vraiment cons (Inward Singing), de récits d’exploits sexuels (Double Team) et d’hommages à Dio (Dio).
Mais ce qui a élevé le groupe plus haut qu’au rang de simple parodie, c’est le vrai talent de composition dont les gars font preuve.
Parce qu’on dira ce qu’on voudra, Tribute c’est sérieusement une maudite bonne chanson.
4. ATREYU
The Curse
(2004)
– Choix de Joshua Lessard –
Le blason d’Atreyu n’est pas aussi doré qu’avant, hein. Ce n’est plus très in de dire que t’as fait signer ta copie de Suicide Notes and Butterfly Kisses par le guitariste pendant la tournée Taste of Chaos.
Mais n’empêche, on ne peut nier le fait qu’à l’époque de The Curse, le groupe était vraiment au top de sa forme. C’est là qu’ils ont pondu les hymnes metalcore de notre génération, genre Bleeding Mascara, Right Side of the Bed, The Crimson.
Les couplets criés, les refrains chantés d’une voix d’ange, les contes d’amour tourmenté, les riffs ultra-mélodiques, les solos léchés et les breakdowns qu’on retrouve sur cet album ont dicté toute une période ou les jeunes arboraient coupes de cheveux émotives et cutex noir.
Ah, la belle époque.
5. Deftones
Around The Fur
(1997)
– Choix de Marc-André Mongrain –
Difficile de passer à côté de celui-là, puisqu’ils vont le jouer en intégral au Rockfest. D’autant plus que c’est L’ALBUM qui les a fait découvrir au monde entier, notamment en raison des extraits My Own Summer (Shove It) et Be Quiet and Drive (Far Away).
Le suivant White Pony (2000) allait atteindre le sommet de leur popularité, et les puristes défendront peut-être le précédent, Adrenaline (1995), à titre de meilleur album du groupe, mais il n’empêche que Around The Fur figure parmi les albums les plus marquants du métal alternatif de la fin des années 1990.
6. Rancid
… And Out Come The Wolves
(1995)
– Choix de Marc-André Mongrain –
Sans doute l’album le plus ska de Rancid, … And Out Come The Wolves est aussi possiblement le plus populaire du groupe. En 1995, Rancid était l’un des noms les plus prometteurs du mouvement punk, au point de créer un véritable bidding war parmi les étiquettes de disque majeures, mais le groupe a décidé de rester au sein de l’écurie Epitaph et de connaître un succès tout de même considérable auprès du grand public sans perdre leurs fans de vieille date.
Les extraits Roots Radicals, Time Bomb et Ruby Soho ont joué amplement sur les radios commerciales et sur MTV. Presque trop joué, en fait. Pas grave, on les aime pareil.
7. Ministry
Psalm 69: The Way to Succeed and the Way to Suck Eggs
(1992)
– Choix d’Alex Martel, fondateur du Rockfest –
Grand fan de Ministry, le fondateur du Rockfest hésitait à se prononcer sur un seul album du groupe pour le faire découvrir ou bien résumer l’ensemble de l’oeuvre. « Ministry, c’est tellement large… Ils ont commencé en faisant du synth-pop, ensuite c’est devenu de l’industriel vraiment 100% électronique, sans guitare. Après, ils ont commencé à mettre de la guitare et c’est devenu du métal industriel. Dans les albums plus récents, c’est pratiquement du thrash métal. C’est dur de citer juste un seul album ».
Pour quelqu’un qui n’est pas familier avec l’oeuvre du groupe, le grand manitou du Rockfest opterait pour Psalm 69: The Way to Succeed and the Way to Suck Eggs, album de 1992 et sans doute le plus populaire du groupe. « C’est là-dessus qu’il y a N.W.O., Just One Fix, etc. Peut-être plus celui-là pour les néophytes… »
Son goût personnel tend toutefois plutôt vers The Mind Is A Terrible Thing To Taste (1989). « C’est un album très important dans l’histoire du métal industriel, même si certains diront que le précédent, The Land of Rape and Honey, est plus important… mais c’est ma préférence personnelle. »
8. Linkin Park
Meteora
(2003)
– Choix de Marie-Kim Dupuis-Brault –
Linkin Park sera la tête d’affiche du vendredi soir, cette année et comme le 10e anniversaire du festival fait largement dans la nostalgie pourquoi ne pas se replonger dans les débuts et les bonnes années du groupe?
Le groupe a un récent album, frais en poche : The Hunting Party paru l’été dernier. Mais les albums qui ont fait leurs belles années sont Hybrid Theory (2000) et Meteora. Ce dernier est d’ailleurs à lui seul presque un best of du groupe, y comptant la majorité de leurs succès dont Somewhere I Belong, Faint, Breaking the Habit ou Numb.
9. The Offspring
Americana
(1998)
– Choix de Marie-Kim Dupuis-Brault –
Cinquième album de la bande punk rock californienne, Americana sera interprété en totalité au Rockfest. C’est probablement l’album qui contient leurs plus grands succès puisque le groupe y a entrepris un léger virage plus commercial. On y reconnait rapidement les airs communs de The Kids Aren’t Alright, Why Don’t You Get a Job? et bien sûr, Pretty Fly (for a White Guy).
C’est aussi sur cet album qu’on retrouve l’amusante parodie de la chanson Feelings, de Morris Albert, en plus de la chanson cachée, une courte reprise de Pretty Fly, version mariachis.
Nostalgie assurée!
10. Snoop Dogg
Doggystyle
(1993)
– Choix de Marie-Kim Dupuis-Brault –
Pour ceux qui auraient plutôt envie de se mettre dans une ambiance plus rap que punk-rock, on peut se tourner vers Snoop Dogg, qui se produira sur la scène principale en début de soirée le samedi soir.
Comme ses années Snoop Lion et reggae sont désormais derrière lui, on s’attardera plutôt à son époque Snoop Doggy Dog et à son tout premier album en carrière, Doggystyle, qui l’a consacré. À l’époque Doggystyle présentait un style différent de hip-hop et a contribué à faire connaître le mouvement West Coast du grand public.
Les 10 albums en vrac
1. Refused- The Shape of Punk To Come (1998) (détails)
2. System of A Down – Toxicity (2001) (détails)
3.Tenacious D – Tenacious D (2001) (détails)
4. ATREYU – The Curse (2004) 5. Deftones – Around The Fur (1997) (détails)
6. Rancid – … And Out Come The Wolves (1995) (détails)
7. Ministry – Psalm 69: The Way to Succeed and the Way to Suck Eggs (1992)(détails)
8. Linkin Park – Meteora (2003) (détails)
9. The Offspring – Americana (1998) (détails)
10. Snoop Dogg – Doggystyle – (1993) (détails)



