Rock en Seine 2017 | Du bon et du moins bon


Mardi, 29 août 2017 21h01 par Sorstu.ca

Pour sa 15e édition, Rock en Seine nous préparait de bonnes surprises mais aussi du réchauffé. Malgré tout, l’édition était réussie dans son ensemble même si le public, lui, n’était pas toujours agréable.


Jour 1 – Mise en bouche








Un conseil : préparez vos jambes à souffrir ! Dans la liste des festivals français, Rock en Seine est probablement celui où on marche le plus. Être en forme physiquement est un plus pour y passer trois jours.


Le premier après-midi débute par une découverte : Témé Tan. Ce Belge d’originaire congolaise n’a qu’un seul titre sorti sur la radio à son compteur, et on était un peu dans le flou avant de l’écouter. Le jeune homme a été plutôt convaincant. Seul sur scène, il a proposé des chansons aux rythmes accrocheurs. Peu de variation dans les paroles mais la recette est gagnante. On a hâte de le voir en groupe pour donner un peu plus d’ampleur à tout ça.


On continue les séances relaxantes avec Beach Fossils. Pas de prise de tête pour le groupe américain qui déroule posément son set. C’est plaisant, agréable à écouter (le dernier album est très bon par ailleurs). Bref, que demander de plus ?


Une scène ridicule, un son à la limite de l’acceptable… Le tableau avait de quoi faire peur mais finalement Cannibale s’en est sorti. Ce quintet français, qui a déjà roulé sa bosse un bon nombre d’années dans d’autres formations, mériterait un coup de projecteur. Leur musique garage un peu pysché et aux accents tropicaux séduit. L’ensemble est cohérent, agréable et en même temps rugueux à certains égards. Et au bout du compte, le son s’est amélioré au fil du concert. A découvrir.


The Jesus & Mary Chain - Rock en Seine jour 1 (17)


Chaque festival a son « come back » et Rock en Seine ne manquait pas à l’appel. C’est dans les décennies 80-90 que l’on est retourné avec The Jesus and Mary Chain. Autant le groupe était attendu de pied ferme à la Route du Rock à Saint-Malo, autant ici l’enthousiasme était moins de rigueur. Il n’empêche, ces guitares pleines d’effets et de grincements sont les bievenues. Et puis on apprécie volontiers d’entendre un tube comme Just Like Honey en live. Même si le chanteur, Jim Reid, donne l’impression d’être un peu absent, il assure vocalement en jonglant entre un répertoire récent et un autre plus ancien. Ca ne plaît pas à tout le monde mais pour les connaisseurs c’est un retour très apprécié.


<a href='https://www.billets.ca/franz-ferdinand-billets'>Franz Ferdinand</a> - Rock en Seine jour 1 (1)


Les Écossais avaient la cote vendredi. Après The Jesus & Mary Chain, voici venus les Franz Ferdinand. Quoi ? Ils ont sorti un album récemment ? Non, non. Mais que viennent-ils donc faire là ? Aucune idée mais en tout cas, ça en valait la peine. Pas de nouvelles chansons, rien que des anciens titres, pratiquement tous devenus des tubes. En très grande forme, le groupe emmené par un Alex Kapranos surchauffé (et avec les cheveux blancs !) a donné un concert maîtrisé, rock et survolté. Le public chantait à tue-tête et, franchement, c’était un très bon moment.


Enfin, petit détour pour voir . On peut dire que l’énergie ne manque pas à la Danoise qui a survolé la scène de long en large. La journée se termine sur une note turbulente après le calme de l’après-midi.


Consultez le compte-rendu des jours suivants par ici :



Pour sa 15e édition, Rock en Seine nous préparait de bonnes surprises mais aussi du réchauffé. Malgré tout, l’édition était réussie dans son ensemble même si le public, lui, n’était pas toujours agréable. Au tour du deuxième jour.


Jour 2 – Hommage et résurrection







Nous voilà démarrant sur les chapeaux de roues pour cette 2e journée. Encore une fois, une petite découverte sympathique a débuté les festivités. DBFC, un collectif parisien qui marie les guitares et les sons de club. Ca fonctionne bien et il ne leur manque qu’un tube pour rencontrer le succès.


Suivent les Band of horses qui ont donné un concert régulier mais pas fou non plus. Si les premières chansons peinent à convaincre malgré l’enthousiasme du groupe, les derniers titres, plus mélancoliques, accrochent plus. Correct sera le mot.


Un peu de musique en français dans ce flot anglophone ne fait pas de mal. Surtout quand c’est un Québécois comme Peter Peter qui vient sur scène. Moins torturé que pour d’autres concerts, ce presque Parisien (il vit dans la capitale française aujourd’hui) a assuré son concert en jouant principalement des morceaux de son dernier album Noir Eden. Plus électro et plus rythmé, cet opus a le mérite de faire danser, et en français s’il vous plaît.


Après les Écossais le vendredi, ce sont les Canadiens qui prennent les manettes le samedi. Avec un Taylor Kirk aux allures de cowboy, Timber Timbre a installé une ambiance tortueuse à Rock en Seine. Doucement, le groupe a fait fonctionner l’alchimie entre les instruments, profonds, et la voix basse du chanteur. Avec en plus la présence d’un saxophoniste sur deux titres. C’est enivrant, triste parfois et de plus en plus rock. Le tout est monté crescendo pour un final en beauté.


Her - Rock en Seine jour 2 (1)


Ils l’ont fait. Pourtant, cela n’a pas dû être facile. Her, marqué récemment par la mort du co-fondateur du groupe, Simon Carpentier, le 13 août (à 27 ans), a voulu continuer sa tournée. Pour lui rendre hommage et parce que c’était une promesse. Le concert fut un moment de catharsis pour le groupe qui s’est déchaîné sur ses titres pop-soul. On sent l’émotion, l’envie de tout donner après cet événement terrible. Le public est conquis, et danse sur des morceaux comme Quite Like ou Five minutes. Un hommage accompli.


<a href='https://www.billets.ca/lee-fields-billets'>Lee Fields</a> - Rock en seine jour 2 (14)


C’est un peu la résurrection du moment. Lee Fields, 66 ans, fameux chanteur jazz-blues américain, est revenu sous les projecteurs. Sur scène, c’est un véritable spectacle, tout ce qu’on aime dans le jazz de cet acabit : The Expressions qui est un ensemble parfait, cuivres, batterie et clavier remarquables, et un chanteur en pleine forme venu faire la fête avec les festivaliers. Ça swingue, ça flirte aussi parfois et ça fait un bien fou d’entendre cela en festival. Chapeau au chanteur d’avoir réussi à faire bouger le public de Rock en Seine !


« Salut les petits poulets ! » Belle accroche pour entamer un concert en compagnie des punks de Frustration. Sur la scène, ça grince de partout, les guitares fusent, le chant se fait de plus en plus froid, lugubre. Fabrice Gilbert, le chanteur, en chemise, presque cravaté, a le don d’effrayer de par son air et sa voix. Les musiciens autour de lui donnent tout pour augmenter encore le rythme et faire tourner les têtes des festivaliers en quête de rock et de punk bien huilés.


On termine la journée comme on l’a commencée : sur les chapeaux de roues.


Lisez la suite, pour le dernier jour de Rock en Seine :



Pour sa 15e édition, Rock en Seine nous préparait de bonnes surprises mais aussi du réchauffé. Malgré tout, l’édition était réussie dans son ensemble même si le public, lui, n’était pas toujours agréable. Allons-y pour le 3e et dernier jour du festival.




Jour 3 – Finale fatale







La dernière journée commence par un horaire surprenant : un concert de Ty Segall programmé à 16h45. On l’aurait plutôt imaginé dans la soirée étant donné son style musical. Enfin, on peut dire qu’il a réussi à retourner le parterre de festivaliers avec ses titres incisifs, forts en guitare. Peu de chant, beaucoup d’instruments ont fait le succès de ce set mouvementé.


Même si on ne l’a jamais vu en concert, nous savons tous que Mac DeMarco est un joyeux luron. Ca s’est démontré encore une fois sur la Grande scène de Rock en Seine. Dès la première chanson, il a invité deux fans à chanter avec lui sur scène. Il a même installé une table sur le côté gauche pour y installer proches et amis autour d’une bière le temps du concert. A part toutes les pitreries du garçon, on peut dire que la Canadien a été complétement à la hauteur. On s’amuse beaucoup et en même temps on apprécie la prestation. La voix est pleine de justesse. Mention spéciale à cette reprise d’A Thousand Milles de Vanessa Carlton qui a déjà fait le tour des réseaux sociaux (et on comprend).


<a href='https://www.billets.ca/the-lemon-twigs-billets'>The Lemon Twigs</a> - Rock en seine jour 2 (8)


Certainement, un des gros concerts de la soirée. Les frères D’Addario de The Lemon Twigs, respectivement 20 et 18 ans, étaient tout simplement bluffants. Certes, leur répertoire est pour le moment très marqué par leurs influences (Beatles, Beach Boys…) mais, en même temps, cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu un groupe si jeune et si dynamique. La fraîcheur est quand même transmise. Un véritable orchestre à eux seuls : les deux frères et Danny Ayala, au départ au clavier, changent d’instruments à trois reprises, et ils sont bons à chaque fois ! Patte d’eph pour Brian, mélange de Freddy Mercury et de David Bowie pour Michael, on revient quelques décennies plus tôt en assistant en concert. Le groupe n’a laissé aucun temps mort et a assuré une prestation haute en couleur.


Après le retour dans les années 70, bienvenue dans les années 90. Le shoegaze est revenu en force ces deux dernières années dans les festivals (Slowdive, the Jesus & Mary Chain, Ride…) et cela a sans doute une explication. On se laisse en effet vite enivré par les mélodies pleines de saturions et de distorsion de guitares de Slowdive. Comme toute cette mouvance musicale, cela ne plaît pas à tout le monde, mais pour les oreilles conquises, rien de tel que ce moment passé avec les Britanniques.


<a href='https://www.billets.ca/the-xx-billets'>The XX</a> - Rock en seine jour 3 (1)


Pour conclure ces trois jours, The xx venait faire un tour au parc de Saint-Cloud. Le trio s’est fait attendre devant une pelouse de fans invétérés qui commençait à s’impatienter. Les notes d’Intro ont rapidement calmé le jeu et les cris se sont multipliés. The xx a voulu séduire tout le monde ce dimanche soir, et le pari a fonctionné. Ils sont bien entendu revenus sur leur premier album, ces ambiances sonores minimalistes portées par les voix de Romy Ridley Scott et d’Oliver Stone (superbes toutes les deux). Jamie XX a quant à lui ajouté son grain de sel en mettant l’électro en plein cœur de ce set avec les titres du dernier album. On peut ne pas apprécier le virage pris par le groupe, il n’empêche que leur prestation a été hypnotisante.


Rock en Seine se termine donc sur une belle note même si tout n’était pas parfait.


Source: Sorstu.ca